AVANT-PROJET DE LA PRINCIPALE RÉSOLUTION POLITIQUEDU 36ème CONGRÈS
DU PARTI COMMUNISTE DU CANADA
DU 5 AU 7 FÉVRIER 2010
1. Des développements sans précédent ont ébranlé le capitalisme mondial à sa base même, moins de deux décennies après sa soi-disant « victoire finale » sur le socialisme. Ceci se reflète dans la crise économique mondiale la plus profonde depuis la Grande Dépression des années 1930. Entre-temps, les aspects structuraux de ce déclin systémique se poursuivent sans frein –spécialement dans le militarisme et la guerre, et dans la crise environnementale qui va en s’accentuant; les deux menaçant la survie même de l’humanité.
2. La source de la crise repose dans la propriété privée des moyens de production et sa contradiction avec le caractère social grandissant de la production. Le mûrissement de cette contradiction rend le système capitaliste plus instable et destructeur, avec des conséquences parfois tragiques et imprévisibles. Dans l’espoir de renverser la chute du taux de profit, les cercles dirigeants augmentent l’offensive vicieuse contre notre classe afin de « sauver » le capitalisme en transférant le fardeau de la crise actuelle sur le dos des travailleurs. Les droits sociaux et démocratiques connaissent un assaut qui s’alourdit, alors que les groupes d’extrême droite, les nationalistes étroits et les néo-fascistes prolifèrent dans beaucoup de pays.
3. En même temps, la crise en s’approfondissant a un effet de radicalisation des sections de la classe ouvrière dont les conditions économiques et sociales se détériorent en s’accentuant, les amènent de plus en plus à riposter. Les sentiments anti-capitalistes et la promotion du socialisme en tant qu’alternative au capitalisme décadent vont croissant. Voilà une période dynamique en effet, pleine de dangers et de défis mais aussi comportant le potentiel à une résurgence du socialisme.
4. Cette prise de position marque le point de départ pour les discussions qui conduiront au 36ème Congrès de notre Parti, qui vise à élaborer nos tâches en tant que Communistes afin de stimuler l’unité et la lutte de classe face à une crise qui s’approfondit. Notre orientation devrait se concentrer sur la mobilisation et les victoires dans les luttes immédiates (surtout défensives), mais en ayant toujours la perspective de construire les conditions pour notre classe afin de réaliser la contre-offensive contre l’ensemble politique et idéologique des relations capitalistes et de son État au Canada, donc arracher le pouvoir de l’État et construire le socialisme.
L’APPROFONDISSEMENT DE LA CRISE AU CANADA ET DANS LE MONDE
5. Alors que la « bulle du crédit » axée sur les prêts hypothécaires a explosé au sein de l’économie intérieure des États-Unis en 2007, les signes d’une crise encore plus étendue et dévastatrice sont devenus apparents. Lors de sa réunion de décembre 2007, notre Comité central a noté que : « la crise hypothécaire des « surprimes » fut le premier écueil, mais sûrement pas le dernier… L’ « effondrement du crédit » pour le consommateur n’était qu’une facette de l’économie chancelante, à laquelle on devait ajouter un déficit stupéfiant et le fardeau de la dette du gouvernement fédéral des États-Unis –la plus grosse dans l’histoire- induite par les dépenses militaires massives et les coupures de taxe énormes pour les grandes entreprises et les riches… Il semble maintenant clair qu’une crise et une récession sans précédent étaient virtuellement inévitables. Un ralentissement majeur dans l’économie des États-Unis aurait certainement des conséquences internationales, non seulement parce qu’il s’agit du plus grand marché au monde, mais encore parce que les dollars américains sont conservés largement dans les comptes étrangers dans d’autres pays… Cela, en retour, déstabiliserait davantage les autres économies nationales et les relations dans le commerce international, soit des développements qui pourraient mettre le feu à des conflits politiques et entraîner des guerres comme on l’a vu dans le passé. Sûrement que le l’économie canadienne, avec sa dépendance commerciale asymétrique sur le marché américain et son niveau très élevé de propriété par des entreprises étrangères –principalement établies aux USA – connaîtrait un impact puissant suite à une crise généralisée… »
6. À l’automne 2008, la crise imminente avait finalement mûrie, alors que le marché boursier chuta, les faillites des entreprises et des banques ont grimpé et le chômage s’étendit dans le cadre des frontières nationales. Notre Parti a déclaré à ce moment-là que l’élargissement de la crise avait deux composantes, cyclique et structurelle; et que les politiques néolibérales –libre échange, déréglementation, privatisation, politiques d’emploi anti-ouvrière, etc. – ont accentué la hauteur et la sévérité de la crise mondiale; ce n’était plus simplement une faillite du néolibéralisme en soi, mais plutôt le résultat de la crise systémique du capitalisme lui-même. Nous avons de plus noté que malgré le développement de différences dans les cercles bourgeois sur la façon de gérer la crise, « ce qui unit la classe dirigeante est le désir de surmonter la crise aux dépens de la classe ouvrière – directement en abaissant le coût [du prix] du travail… et indirectement, par l’utilisation des revenus publics (dont la masse sort des poches des travailleurs) pour compenser les pertes des investisseurs et soutenir la baisse des profits. Les différences entre les deux camps reposaient sur les tactiques, non pas sur un changement de la politique fondamentale… qui consiste essentiellement à soutenir le capitalisme. Du point de vue de la classe ouvrière, aucune approche n’est souhaitable. En respectant la soi-disant « stimulation » financée par les revenus publics et /ou déficits, l’enjeu n’est pas de la stimulation en tant que tel, mais plutôt de quels types de stimulation, et à quelle [classe] ils servent. » (principale résolution du Comité central, janvier 2009)
7. Au bout du compte, bien entendu, les états capitalistes dirigeants avaient peu le choix autre que d’intervenir en renflouant massivement les banques, les compagnies financières et d’assurances et quelques unes des plus grandes entreprises multinationales afin d’éviter un effondrement économique complet. L’injection de fonds publics par les états capitalistes à travers le monde (financée par une dette gouvernementale galopante) a été vraiment chancelante. Au Canada, le budget fédéral du 27 janvier introduit par le gouvernement conservateur de Harper (et qui a reçu l’aval au parlement de la part du Parti Libéral) incluait « un ensemble de stimuli » de 30 milliards $ largement refilé et dirigé avant tout aux projets d’infrastructure. Mais cette dépense fut éclipsée par les plus de 200 milliards $ rendus disponibles par le secteur financier pour acheter les hypothèques fragilisées et d’autres « placements toxiques » des banques.
8. Aux USA, la plus grande économie du monde, les allocations cumulatives de « sauvetage » pour le secteur financier ont été exponentiellement plus élevées – autour de 12 trillions $. C’est environ l’équivalent de 90 pourcent de la valeur de la production américaine de l’an dernier. Et malgré de telles injections astronomiques de fonds publics pour garder les « capitaines du commerce » à flot, les liquidités (i.e. la volonté des banques et d’autres institutions financières pour étendre leurs lignes de crédit aux entreprises et aux consommateurs) continuent d’être plus qu’au ralenti. La soi-disant « nationalisation » de certaines firmes financières dans différents pays n’est pas un effort pour restreindre le pouvoir du capital ou de changer le rapport des forces des intérêts des monopoles vers le peuple. Au contraire, ces actions sont voulues pour consolider le capitalisme en utilisant les fonds publics jusqu’à qu’elles puissent être retournées au secteur privé.
9. Alors que la crise mondiale est encore dans une première étape et se développe de façon inégale, certains aspects généraux peuvent être retenus, et des conclusions tirées. Premièrement, que partout la crise s’accompagne d’un appauvrissement croissant des travailleurs et des masses populaires, les pertes d’emploi et l’augmentation du chômage (particulièrement chez les travailleurs à plein temps), l’insécurité économique et la dégradation des services publics et des conditions sociales, en particulier pour les femmes, la jeunesse, les personnes âgées, les Premières Nations et les plus démunis. La situation lamentable de l’emploi s’est empirée par les actions sans scrupules des entreprises financièrement bien portantes qui ont pris avantage de la crise économique pour implanter une restructuration radicale (incluant la mise en lambeaux des emplois), souvent avec l’assistance des fonds gouvernementaux.
10. Deuxièmement, que la campagne des entreprises/du gouvernement pour imposer les coûts de la crise sur le dos des travailleurs a donné naissance à une offensive idéologique bourgeoise intense dirigée contre la classe ouvrière pour diviser les rangs entre les travailleurs des secteurs public/privé, syndiqués et non-syndiqués, et ainsi de suite en visant les chômeurs, les nouveaux immigrants, les communautés radicalisées et les travailleuses comme bouc émissaires. Une partie cruciale de cette campagne idéologique est la résurgence d’un anticommunisme virulent, surtout en Europe, où l’on fait des efforts pour réduire les activités des partis communistes et des organisations qui partagent les mêmes opinions, en mettant sur le même pied, faussement et hypocritement, le socialisme et le fascisme.
11. Un autre aspect de l’offensive idéologique vise à apaiser les travailleurs par des rapports trompeurs et souvent faux affirmant que la reprise économique est réelle et « en plein élan », même si ces prétentions sont démenties par les faits. Au Canada, par exemple, le chômage touche 1,6 million de travailleurs (chiffre basé sur des statistiques officielles) et la plupart des économistes prédisent que cela continuera à grimper. Les fermetures et les faillites (commerciales et personnelles) font boule de neige ― tout comme le pourcentage des travailleurs glissant sous le « seuil de la pauvreté ». La consommation domestique et les exportations (ainsi que l’indice du Produit intérieur brut (PIB) continuent de ralentir, et la construction de nouvelles maisons est pratiquement au point mort. À l’échelle internationale, le commerce mondial a considérablement ralenti alors que la plupart des gouvernements capitalistes sont plongés dans une dette insoutenable. Alors, pourquoi les gros titres affichent-ils qu’une « reprise solide » a commencé? Visiblement, en raison du retour du balancier des valeurs des actions sur Dow, TSX et d’autres bourses d’échanges canadiens et étrangers. Des rapports similaires sur une fausse reprise étaient courants durant la Grande Dépression –plus particulièrement en 1938, qui devait être suivie par quatre années de plus seulement de chômage élevé. Quelques publicistes bourgeois spécialisés en éloges essaient de légitimer de tels reportages illusoires (et malhonnêtes) en se fondant sur le fait que .de bonnes nouvelles économiques » aident à stimuler la confiance des consommateurs et des investisseurs. Mais cela sert un but encore plus sinistre, c’est-à-dire de faire croire aux travailleurs que le pire est passé, et qu’ils n’ont plus qu’à attendre dans leur « bulle » en se tenant à l’abri de la tempête, au lieu de s’organiser et de lutter pour défendre leurs intérêts de classe.
12. Troisièmement, que la crise exacerbe les contradictions parmi les états impérialistes et les blocs, pendant que chacun tente de défendre ses propres intérêts industriels/financiers aux dépens des compétiteurs étrangers. Les mesures protectionnistes (comme les conditions du « Buy America » rattachées aux projets d’infrastructure financés par le gouvernement américain) paralysent davantage les mouvements du commerce international qui ont chuté dramatiquement déjà dues au rétrécissement de la demande et aux conditions de crédit serrées. Bien que la défense rhétorique du « commerce libre » et des « marchés ouverts » ait fait irruption au G-20, à la Banque mondiale et dans d’autres sommets régionaux et mondiaux, il devient évident sans se tromper que l’économie se dirige vers un nationalisme économique et le repli. Avec le temps, cela conduira vers la montée des tensions inter impérialistes et les rivalités- le précurseur historique à l’agression impérialiste et à la guerre.
13. Quatrièmement, que la crise actuelle a plus définitivement démontré le déclin relatif de la puissance économique des USA vis-à-vis les centres concurrents. Alors que les USA demeurent toujours le plus puissant pouvoir impérialiste, l’affaiblissement de la base économique est indéniable, tel que reflété : (1) dans des déficits gouvernementaux massifs, qui se chiffrent maintenant à presque 50% des rentrées gouvernementales totales et que sa dette accumulée se monte à presque 12,8 trillions $ (en 2009); (2) dans sa dépendance croissante pour le financement étranger eu égard au financement du service de la dette (principalement sous la forme de bons du gouvernement américain et des titres), et l’investissement net direct étranger pour maintenir la production domestique de biens et services : et (3) dans le déclin constant du dollar américain qui a perdu presque deux tiers de sa valeur relative par rapport aux autres devises fortes depuis 1971. Ce déclin ne s’applique pas uniquement en relation avec le Japon et l’Union européenne, mais aussi et encore plus significativement avec la RPC (Chine) et à un degré moindre, l’Inde et le Brésil.
14. Les avancées économiques de la Chine depuis les deux dernières décennies
ont été particulièrement frappantes. Sa politique de « porte ouverte »,
fondée sur des niveaux infiniment plus grands d’investissement étranger
et de privatisations, a amélioré de façon significative les niveaux de
revenu, la consommation domestique et l’expansion de la base industrielle
et des infrastructures. Mais ces gains furent accompagnés par des disparités
croissantes, le chômage et les tensions sociales. Tout de même, la croissance
de la Chine et d’autres « pouvoirs émergents » souligne le fait
que l’impérialisme américain bat de l’aile. La courte période du monde
soi-disant « unipolaire », qui semblait s’être mise en place
suite au démantèlement de l’ancienne Union soviétique et des autres états
socialistes, au début des années 1990, a fait faillite.
15. Et cinquièmement, que la riposte des travailleurs
et populaire contre les conséquences de la crise a pris du temps avant
de prendre son envol et demeure largement inégale et sporadique, même
si des avancées importantes ont eu lieu dans certains pays capitalistes.
Ceci est dû à des facteurs :
- l’impact de la peur et de l’insécurité parmi de grandes sections de la
classe ouvrière, affaiblissant – même temporairement- leur capacité à s’unir
et à lutter;
- l’imposition de mesures étatiques pour restreindre, et parfois directement
réprimer la dissidence organisée;
- les effets désorientant de l’offensive idéologique bourgeoise (telle
que démontrée plus haut); et finalement
- la trahison de la direction de droite, opportuniste de la social démocratie,
et la manque de direction du mouvement syndical pour initier –et dans certains
cas, pour freiner activement- le développement d’un mouvement uni et coordonné
de riposte.
16. Clairement, l’actuelle récession/dépression sera profonde et prolongée, avec des effets dévastateurs sur les standards de vie et les conditions sociales des travailleurs. Elle sera aussi exigeante tant pour la santé physique qu’émotionnelle au Canada et ailleurs dans le monde, comme l’a révélé récemment une étude faite par l’Association médicale canadienne. La crise met sous les feux de la rampe la stagnation et les limites historiques du capitalisme, et le besoin urgent du changement révolutionnaire par le socialisme et ultimement par le communisme. Il s’ensuit conséquemment que la crise économique – liée à la lutte contre la guerre impérialiste et en défense des droits démocratiques et des travailleurs- a besoin d’être centrale et capitale pour toutes les forces ouvrières et de gauche de notre pays, et surtout pour le Parti Communiste, pour le futur prévisible.
Des aspects internationaux complémentaires
17. La crise mondiale a un effet significatif sur les relations internationales en général. Sous certains aspects, l’agitation économique a forcé les États-Unis et d’autres pouvoirs impérialistes à porter leur attention – au moins temporairement- sur les problèmes domestiques. Par exemple, les efforts impérialistes pour compléter l’imposition d’ « une architecture mondiale » de domination et de pillage, en utilisant des institutions internationales comme le FMI, la Banque mondiale et l’OMC, ont été relégués sur « le feu arrière », au moins pour l’instant. Ceci dit, ce serait naïf de croire que les ambitions stratégiques des différents centres impérialistes – qui s’unissent et se confrontent l’un l’autre- ont été abandonnées ou fondamentalement changées.
18. Les guerres impérialistes et les occupations continuent de perturber la scène internationale, souvent liées à la campagne des grands pouvoirs impérialistes pour s’emparer des réserves de pétrole. Alors que l’intervention dirigée par les États-Unis/Grande-Bretagne en Irak tire finalement à sa fin, la plupart de ces forces d’occupation demeurent en place et pourraient être encore envoyées au combat actif encore une fois. De façon significative, environ 200 000 mercenaires demeurent en Irak en tant qu’armée privée d’occupation de l’impérialisme des États-Unis. Pendant ce temps, la guerre et l’occupation en Afghanistan sont substantiellement aggravées avec l’ajout de plusieurs milliers de ISAF (principalement américains) afin de soutenir le régime corrompu de Karsai. Le Canada continue de se tacher les mains de sang dans cette guerre méprisable, impossible « à gagner ». Le gouvernement des conservateurs de Harper, avec l’encouragement de Washington, Londres et la clique de l’OTAN, manœuvre tranquillement pour prolonger la mission de combat au-delà de la date butoir de juillet 2011 établie par le gouvernement Harper. Pour sa part, le Parti Communiste continue d’en appeler à un rapatriement immédiat de toutes les troupes canadiennes – une demande partagée par la majorité du peuple canadien.
19. L’État sioniste d’Israël continue sa longue occupation criminelle et illégale, vieille de plusieurs décennies, des terres de Palestine, avec le support financier, militaire et politique de Washington. L’attaque brutale d’Israël à Gaza (déc.-jan. 2008/09) a coûté un prix élevé en souffrances humaines avec presque 1 400 Palestiniens –principalement des civils- tués et des milliers de blessés en plus ou laissés sans abri. Les meurtres, tortures et emprisonnements de Palestiniens par Israël, son total mépris pour la loi internationale – comme on l’a vu à Gaza, l’invasion du Liban en 2006, et dans d’autres occasions ainsi que l’occupation sans répit – ne laissent aucun doute qu’il poursuit une politique consciente de nettoyage ethnique, et cela constitue rien de moins qu’un crime contre l’humanité.
20. La politique d’Ottawa en ce qui concerne le Moyen-Orient a penché encore plus en faveur d’Israël sous le gouvernement de droite du gouvernement Harper. Les groupes pro Sionistes, incluant le Congrès juif canadien, B’nai Brith et d’autres ont accentué leur campagne anti-démocratique pour réduire au silence toute critique contre Israël sur les campus canadiens et dans le discours public en général, en arguant de façon spécieuse que l’anti-Sioniste équivaut à l’anti-Sémitisme. Notre Parti répudie cette fausse prétention et appelle à une plus grande solidarité avec le peuple palestinien qui souffre tant et pour la mise en vigueur de toutes les résolutions pertinentes de l’ONU, incluant le retrait complet d’Israël de toutes les terres illégalement occupées depuis la guerre de 1967. Nous exigeons le démantèlement du mur de l’Apartheid, le retrait de toutes les colonies israéliennes, la formation d’un État palestinien viable, véritablement indépendant avec Jérusalem Est pour capitale. Nous revendiquons la garantie du droit des Palestiniens au retour dans leurs foyers, la dénucléarisation vérifiable d’Israël, et des garanties de sécurité mutuelle pour tous les états dans la région. Jusqu’à ce que cette justice élémentaire pour le peuple palestinien devienne réalité, notre Parti continuera de supporter la campagne internationale de boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS) contre Israël.
21. Nous exprimons aussi notre solidarité avec les forces progressistes, laïques et démocratiques d’Iran qui luttent contre le gouvernement d’Ahmadinejad et tout le régime répressif théocratique. L’Exécutif Central a déclaré en juillet 2009, que certains progressistes au Canada et ailleurs « ont conclu de façon erronée que puisque le régime a été ciblé par l’Impérialisme américain et son gendarme régional, l’État sioniste d’Israël… [le mouvement anti-impérialiste] devrait demeurer silencieux, ou pire même, supporter le régime réactionnaire. Cette arithmétique simpliste, basée sur la fausse notion que ‘l’ennemi de mon ennemi est mon ami’, est fondamentalement fausse. Le régime Ahmadinejad n’est pas du tout progressiste ou ‘pro travailleur’…C’est un régime vicieux, réactionnaire qui a attaqué de façon répétée les organisations de travailleurs, de femmes, d’étudiants et des forces laïques, incluant l’emprisonnement, la torture et le meurtre de ses opposants, depuis les trente dernières années de sa domination. ». En même temps, nous soulignons que le conflit dans ce pays doit être réglé par le peuple iranien lui-même. Nous nous opposons véhément à toute action de l’impérialisme américain et de ses alliés d’utiliser ce conflit et la « démonisation » actuelle des musulmans et de l’Islam comme prétexte à une interférence, ou pire, le déclenchement d’une agression militaire contre l’Iran.
22. En Amérique latine, les forces de gauche et anti-impérialistes continuent de marquer des avancées importantes, incluant la formation de gouvernements progressistes dans bon nombre de pays : la Bolivie, Équateur, Nicaragua, El Salvador et Uruguay, entre autres. Ils créent un nombre d’initiatives régionales importantes, ne serait-ce que l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA) et Telesur. Le plus développé de ces processus de transformation est sans aucun doute la Révolution bolivarienne dirigée par le président Hugo Chavèz Frias. Nous transmettons notre solidarité révolutionnaire à toutes ces forces anti-impérialistes et leurs gouvernements, tout comme nous le faisons pour Cuba socialiste –le premier territoire libre des Amériques – qui continue de jouer le rôle clé politiquement et moralement en supportant et en guidant cette mouvance dynamique pour le changement balayant la moitié sud de notre hémisphère. Nous envoyons un salut militant à la Révolution cubaine et exprimons notre solidarité sans faille à son gouvernement, son parti communiste, aux Cinq de Cuba emprisonnés et au peuple cubain dans son ensemble pour leurs réalisations nombreuses et leurs contributions internationalistes, surtout en dépit des pressions constantes, au harcèlement et au blocus de l’Impérialisme états-unien depuis le dernier demi-siècle.
23. Nous dénonçons le coup d’État au Honduras et appelons pour le retour immédiat du président démocratiquement élu, Manuel Zelaya, ainsi qu’une enquête complète et les sanctions pour tous les comploteurs impliqués dans cet acte criminel. Nous sommes convaincus qu’une enquête confirmera l’implication secrète de l’impérialisme américain – au moins jusqu’à un niveau assez élevé dans l’appareil d’État. Cela démontrera finalement que le coup hondurien était partie prenante sinistre pour affaiblir et finalement renverser le processus populaire de transformations actuellement en cours en Amérique latine, dont la partie la plus dangereuse est la construction d’un réseau de bases militaires états-uniennes centrées sur la Colombie et dirigées principalement contre les voisins progressistes –le Venezuela et l’Équateur – et contre Cuba socialiste. Le retour en 2008 de la 4ème Flotte des États-Unis dans les eaux des Antilles et de l’Amérique latine a été un autre signal des intentions de l’Impérialisme états-unien pour regagner sa domination politique et économique dans cette région.
24. Nous exprimons aussi nos solidarités militantes avec la lutte du peuple de Colombie qui fait face à une répression sans frein aux mains du régime fasciste d’Uribe, et des intérêts oligarches et impérialistes qu’il représente. Ces attaques acharnées visent principalement la rébellion armée conduite par les FARC-EP, mais aussi le parti communiste colombien, les syndicats progressistes, les organisations paysannes et les militants et d’autres forces démocratiques, dont beaucoup sont exécutées ou emprisonnées comme « FARC politiques ». Nous en appelons encore une fois pour le rejet de l’Accord de libre échange Canada-Colombie et le retrait des FARC-EP et de toutes les forces insurgées de la fameuse liste « des terroristes notoires » établie par le Canada.
25. Le changement dans l’administration américaine ces temps-ci a été un autre événement significatif avec l’élection de Barack Obama et des majorités démocrates dans les deux chambres du Congrès. Cette gifle monumentale aux forces de l’extrême droite, et l’élection d’un Afro-Américain comme président ont été des événements marquants dans une société baignant toujours dans l’oppression de classe et de race. Certaines déclarations de la nouvelle administration, surtout pour ce qui concerne la politique étrangère, ont annoncé de bonnes nouvelles en se démarquant de l’administration Bush quand il était à la Maison Blanche. Tout de même, c’est important de ne pas avoir d’illusions à propos du parti démocrate, qui demeure un parti capitaliste dans l’État impérialiste le plus puissant au monde, toujours animé par les dogmes néolibéraux, et au sein duquel les intérêts des entreprises continuent de prévaloir dans la hiérarchie et pour les enjeux de taille. Le débat récent sur la réforme en santé a confirmé cette réalité, quand des chefs démocrates ont joint leur voix à l’offensive républicaine/corporations contre des réformes limitées et tièdes. La tâche décisive de la classe ouvrière américaine est toujours de dénouer l’impasse du système à deux partis et de fonder un parti de masse authentiquement populaire et de travailleurs.
26. Enfin, nous portons notre attention aux mouvements pour la paix, anti-impérialistes et communistes à l’échelle internationale. Pendant les jours sombres de l’administration Reagan au début des années 1980 – que beaucoup qualifiaient de Guerre froide II en raison du fait que cela a marqué la courte période de détente suivant la campagne renouvelée de l’impérialisme américain pour réaliser la supériorité écrasante militaire sur l’ancienne Union soviétique – notre parti a proposé le slogan « La paix, c’est l’affaire de tout le monde ». Cela a été rapidement repris au pays parce que ça parlait du fait que (1) la course aux armements et le danger d’une guerre mondiale affectaient directement et menaçaient tout le monde; et (2) que conséquemment le mouvement pour la paix devrait être aussi large et inclusif que possible. Encore là, alors que les conditions internationales et le rapport de classe des forces à l’échelle mondiale ont changé de façon significative (pour le pire) depuis; la campagne de l’impérialisme pour l’agression et la guerre y sont allés de bon train; en fait, les guerres locales et régionales se sont multipliées, pendant que les États-Unis et ses alliés impérialistes, incluant le Canada, ont consolidé et étendu leur hégémonie mondiale. Le coût humain de la guerre et de la militarisation continue de s’accélérer – tant pour ceux qui y en sont les victimes directes, que pour ceux forcés de payer pour leur préparation à partir de maigres ressources dévoyées d’un usage socialement productif.
27. Pour toutes ces raisons, le développement et la croissance du mouvement mondial de la paix doivent être une priorité essentielle pour les communistes partout. Toute force possible, de quelque couche de la société qui s’oppose à la guerre et à l’agression devrait être bienvenue dans ce large mouvement. C’est pourquoi notre parti continue de supporter l’Alliance canadienne pour la paix (CPA) et les coalitions locales pour la paix à travers le pays. En même temps, nous reconnaissons l’importance décisive de construire la section la plus avancée et anti-impérialiste de ce mouvement, représentée par le Conseil mondial de la paix (WPC). C’est pourquoi, le rétablissement du Congrès de la paix du Canada (CPCon), un affilié du WPC, est une réalisation d’importance. Bien que ce soit une organisation naissante, de nouvelles branches commencent à s’organiser et il a été l’hôte d’une importante conférence trilatérale impliquant les affiliés du Canada, des USA et du Mexique en octobre 2009 à Toronto. Notre parti doit continuer de donner son support actif au CPCon, à son développement et à sa croissance.
28. Nous saluons tous les mouvements progressistes, ouvriers, anti-impérialistes et de libération nationale à travers le monde, incluant ceux au gouvernement ainsi que ceux luttant pour la prise du pouvoir. Nous réaffirmons notre point de vue, émis lors du 35ème Congrès que : « Maintenant plus que jamais, l’expansion et la consolidation d’un front large et démocratique, et anti-impérialiste à l’échelle mondiale est urgent; un mouvement qui soit capable d’amener ensemble toutes les forces démocratiques et progressistes pour défier les visées économiques et politiques du capital financier transnational et ses états impérialistes, et de mettre en place des alternatives sociales et économiques.
29. Mais de tous les différents mouvements et courants progressistes qui existent à l’échelle internationale, il n’y en pas de plus important pour nous que le mouvement communiste lui-même. Nous ne disons pas cela parce que nous sommes communistes bien simplement, mais plutôt parce que l’histoire a démontré plus d’une fois que ce sont les partis communistes, partageant une vue d’ensemble fondée sur le marxisme-léninisme et l’internationalisme prolétarien, et rassemblant les combattants les plus avancés, disciplinés et dévoués de notre classe dans chaque pays. Ceux-ci ont été la pierre d’assise et le moteur de mouvements plus large luttant pour la paix, contre l’impérialisme et pour le socialisme. Notre parti demeure sans réserve dédié au renforcement du mouvement communiste international, et plus particulièrement à la Rencontre annuelle internationale des Partis communistes et ouvriers (IMCWP).
30. Depuis les douze dernières années, le IMCWP a grandi à la fois en nombre de partis participants et dans sa capacité d’initier et de renforcer la coordination et l’action commune. En même temps, nous devons noter une distanciation croissante parmi les partis sur certaines questions fondamentales. Tout en respectant le droit de chaque parti membre de définir son analyse politique et sa marche à suivre, et tout en travaillant pour construire l’unité dans l’action malgré une diversité de points de vue, nous réitérons notre conviction que l’essence et la force de notre mouvement communiste dérive de sa fidélité au marxisme-léninisme, tant en théorie qu’en pratique, incluant notre responsabilité collective de faire face, et de lutter contre toute manifestation d’opportunisme (de droite et de « gauche »), de révisionnisme et de réformisme dans nos rangs.
31. En regardant le développement du mouvement ouvrier mondial depuis ces dernières années, et la crise profonde qui saisit le système impérialiste, nous sommes plus confiants que jamais que le socialisme est la prochaine étape historique pour l’humanité. Le Canada ne fera pas exception à ce processus. Le 36ème Congrès du Parti communiste du Canada aidera à construire les forces révolutionnaires dans ce pays, en tant que partie d’une lutte mondiale pour un avenir libéré de l’exploitation, de l’oppression, de la guerre, de la faim et de la catastrophe environnementale.
La crise politique au Canada et la riposte populaire
32. La crise économique actuelle au Canada doit être située dans le contexte
d’une tendance générale à un développement économique déformé du pays
- par l'érosion à long terme des industries secondaires et de transformation
et l’accroissement de la dépendance envers l'exportation de matières
premières. Ce processus s'est accéléré de façon spectaculaire au dépend
de centaines de milliers d'emplois. Ce développement inégal de l'économie,
et cette dépendance envers l'extraction des ressources, sont des facteurs
objectifs à la base de l’orientation adoptée depuis des décennies envers
le continentalisme, et contribuent à expliquer le programme conservateur
de Stephen Harper pour accélérer ce processus en faveur d’une soi-disant
«intégration profonde» qui fatalement réduira à néant toute souveraineté
canadienne significative.
33. Depuis le 35e Congrès de notre Parti au début de 2007, la situation
intérieure au Canada a été caractérisée par un approfondissement des crises
économiques, politiques, sociales et environnementales, toutes reliées
entre elles, du capitalisme. Cela va au-delà de la récession cyclique ou
du bouleversement politique occasionnel, c’est devenu une crise très profonde
qui menace l'avenir du Canada. Mais pour les forces révolutionnaires, une
telle crise offre également la possibilité de gagner le soutien de la classe
ouvrière pour un changement fondamental de la société. Le Parti communiste
du Canada préconise un changement véritable et profond, totalement opposé
aux politiques capitalistes néolibérales, et la création d'une Coalition
populaire qui pourra mener le pays dans une direction nouvelle.
34. La crise économique doit être également vue en rapport avec la crise
politique dans notre pays, qui a aboutie à une série de gouvernements minoritaires
de courte durée - chacun basculement de plus en plus loin vers la droite
- et la désillusion croissante des électeurs qui se reflète dans de plus
en faibles taux de participation des électeurs. Durant les trois dernières
années, malgré l'absence d'une majorité au Parlement, et avec le soutien
électoral d'un peu plus d'un tiers des électeurs, les conservateurs de
Stephen Harper ont ignoré à plusieurs reprises les lois, les décisions
judiciaires, les résolutions du Parlement et l'opinion publique pour imposer
leur programme réactionnaire. Ce gouvernement profondément impopulaire
a étendu le rôle du Canada dans l'occupation impérialiste crasseuse de
l'Afghanistan, a encouragé l'agression corporative sur les pensions des
travailleurs, sur les conventions collectives, et a refusé de signer l'historique
Déclaration sur les droits des peuples autochtones des Nations Unies. Harper
et son gouvernement nient toute responsabilité dans la lutte contre la
crise mondiale que posent les changements climatiques. En bref, à un moment
crucial de déclin économique et de la dégradation de l'environnement, le
Canada est gouverné par l'un des partis le plus à droite dans le monde
capitaliste, un parti dépourvu de toute légitimité pour mener à bien ses
plans de vaste envergure, visant à détruire les acquis sociaux obtenus
par les générations passées de la classe ouvrière et les mouvements populaires.
35. En réponse à cette crise profonde, la classe ouvrière et
ses alliés doivent développer des nouvelles stratégies pour construire
un puissant mouvement de résistance menant à une Coalition populaire, tant
extraparlementaire qu’électorale. Le Parti communiste continuera à apporter
son plein soutien à tous ces efforts, et d'en appeler à l'objectif d'une
transformation socialiste du Canada comme la solution fondamentale à la
crise économique et politique que connaît le pays.
36. Comme le camarade Figueroa a dit dans son discours d'ouverture à notre
35e Congrès central, «vaincre les conservateurs de Stephen Harper est devenu
la tâche la plus centrale et urgente pour notre Parti, notre classe et
pour la population canadienne dans son ensemble. ... Les conservateurs,
sous le premier ministre Stephen Harper sont devenues aujourd'hui le parti
préféré de la plupart des sections du capital financier canadiens et international,
non seulement les sociétés de ressources naturelles et les entrepreneurs
militaires, mais aussi les banques et autres monopoles."
37. Nous avons souligné à l'époque que les travailleurs devraient entretenir
aucune illusion que le Parti libéral, le petit-bourgeois nationaliste BQ,
ou le NPD de Jack Layton représentent une alternative politique fondamentalement
distincte, une politique qui rompt avec les politiques néo-libérales, pro
guerre et pro intégrationnistes des conservateurs de Stephen Harper.
38. Dans l'espoir de profiter des faiblesses des partis d'opposition, en
particulier les Libéraux, le Premier ministre Harper a cyniquement choisit
les urnes en Septembre 2008, abandonnant sa propre législation sur les
termes électoraux. Les élections ont été anticipées afin de gagner une
majorité avant l'éclatement de plein fouet de la crise économique. En
fin de compte, le jeu des opportunistes Harper a été décevant. L'effondrement
du marché boursier, qui a éclaté à moins de deux semaines avant le jour
des élections, a gravement compromis la crédibilité de M. Harper sur ses
allégations selon lesquelles« les fondements de l'économie canadienne sont
solides ». Cela, joint à leurs politiques anti-sociales et pro-guerre ont
suffit pour refuser aux conservateurs une majorité.
39. Dans notre commentaire après l'élection, nous avions prédit une volatilité
politique continue:
"En dépit de leurs prétentions, le gouvernement conservateur minoritaire
n'ont pas de mandat pour imposer leur programme de droite sur le pays.... Les
conservateurs vont probablement tenter de «bulldozer» la législation au Parlement
comme s’ils avaient une majorité, comme c'était le cas durant la précédente
session. ... Le terrain politique est désormais assez sombre alors que le pays
entre dans une récession et crise économique qui seront probablement profondes
et prolongées. Les lignes de batailles après l’élection se situeront le plus
probablement autour de la lutte pour bloquer les tentatives du capital financier
et de ses parties des grandes entreprises - en premier lieu, les conservateurs
– en commençant par le transfert du fardeau de la crise sur le dos de la classe
ouvrière. Le défi pour les mouvements ouvrier et démocratique maintenant sera
de mener de nouveau la lutte dans les rues, les lieux de travail et les communautés
partout au Canada. " [Déclaration du CEC, 15 octobre, 2008]
40. Quelques semaines plus tard, ministre fédéral des Finances Jim Flaherty
(un personnage clé dans le gouvernement d'extrême droite de l'ancien premier
ministre conservateur Mike Harris en Ontario) a présenté sa «mise à jour
économique», rejetant les appels à toute stimulation de l'économie réelle.
Le résultat immédiat est une crise parlementaire à la fin Novembre 2008,
dans laquelle la soi-disant «coalition» des libéraux et du NPD, soutenu
par le Bloc Québécois, a juré de renverser le gouvernement sur
une motion de confiance.
41. Face au spectre de la défaite, les conservateurs se sont regroupés
et ont lancé une énorme campagne de propagande, se proposant eux-mêmes
comme les «victimes» d'un complot ourdi par les libéraux et néo-démocrates
de la coalition, accompagnée d’une tirade chauvine contre les «séparatistes»
BQet les droits et aspirations nationales du peuple du Québec. Harper a
voulu suspendre le Parlement, une décision avec de graves conséquences
à long terme pour la démocratie au Canada.
42. Le Parti communiste a examiné la motion de censure libéral-NPD comme
la seule alternative pratique immédiate au règne conservateur, une alternative
qui aurait ouvert des perspectives pour la lutte extra-parlementaire populaire
et syndicale pour gagner certaines concessions et ouvrir la voie à une modification
de l'équilibre politique au Parlement à la suite d’une élection.
43. Mais nous avons aussi souligné que la coalition Parti libéral / néo-démocrate
auraient probablement eu une courte durée, compte tenu de la rivalité entre
les deux parties, et les clivages au sein du Parti libéral lui-même. La
partie dominante de la direction du Parti libéral, représenté par Michael
Ignatieff, John Manley et autres, étaient hostiles au concept de coalition,
préférant manœuvrer pour regagner le soutien du grand Capital et se proposer
une fois de plus comme le «gouvernement en attente». Le départ forcé de
M. Dion comme chef du Parti libéral, remplacé par M. Ignatieff, a marqué
le glas de la coalition, bien avant que le budget 2009 soit présenté.
44. Ce budget donnait priorité au renflouage des banques, aux autres prêteurs,
et aux cadeaux pour les entreprises, tout en ignorant les besoins urgents
des travailleurs et des chômeurs. Parmi les pires caractéristiques du budget
était l'inaction concernant l'assurance-chômage, que les Conservateurs
refusaient obstinément à améliorer. Les changements annoncés par la suite
à l’assurance-chômage par les Conservateurs en Septembre 2009 (projet de
loi C-50) ont été une solution provisoire qui prolongerait de quelques
semaines la couverture de seulement 10% des chômeurs officiels, et ne font
absolument rien pour réformer ce système défectueux qui exclut de toute
protection plus de la moitié des personnes présentement sans travail. Lorsque
des millions de travailleurs sont victimes de l'impact d'une crise dévastatrice
causée par la cupidité spéculative des capitalistes financiers, et lorsque
des milliards et des milliards de fonds publics sont donnés aux banques
et sociétés afin de sauver leurs profits, cette mesure palliative insulte
monumentalement les Canadiennes et le Canadiens tant au travail qu’en chômage.
45. Pris ensemble, le budget fédéral 2009 et l’implantation de la taxe
de vente harmonisée (TVH) constituent encore un autre transfert massif de richesse
des travailleuses et des travailleurs vers le capital financier dans ce pays.
Mais alors que tout le poids de la récession / dépression pèse sur le peuple
canadien, l'échec des politiques des Conservateurs apparaîtra clairement et
engendrera la résistance croissante et la lutte des masses. Les constructions
mensongères du gouvernement Harper ou de ses complices sur les bancs de l'Opposition
ne pourront éviter ou endiguer longtemps la montée de la colère populaire.
La classe ouvrière organisée : les éléments clefs de la riposte
46. La crise actuelle est utilisée par les monopolistes pour consolider ses positions, affaiblir ses concurrents et intensifier ses attaques sur les travailleurs. L’attaque contre la classe ouvrière et ses institutions, en particulier les syndicats, n'est pas nouvelle; l’hostilité envers les syndicats ouvriers fait partie intrinsèque de la nature du capitalisme, elle reflète les relations antagonistes entre exploiteurs et exploités. Cette attaque vise non seulement à affaiblir le travail de sorte que la plus-value peut être expropriée par le capital; l’attaque est également motivée par la crainte de perdre le contrôle et la connaissance que la classe ouvrière a le potentiel d'unir toutes les forces diverses de la société - travailleurs, paysans, peuples autochtones, les femmes, les jeunes, les personnes âgées, des minorités opprimées, et même des éléments de la petite bourgeoisie - dans des mouvements politiques qui ont le potentiel de les renverser. C'est le spectre du communisme identifié par Marx et Engels qui les hante, aussi tout-puissant que puissent paraître les monopolistes.
47. Dans le cadre de son offensive contre les travailleurs, le capital aide à promouvoir et de profiter au maximum d'éléments dans le mouvement ouvrier qui vacillent et se retirent face à cette attaque, et dans certains cas, complotent avec le capital pour saper la résistance des travailleurs. Les capitalistes rêvent d'un environnement commercial sans syndicats ou avec des syndicats «prisonniers» et transformés en mécanismes de contrôle. Il s'ensuit donc que pour défendre et avancer leurs intérêts face à cet assaut, les travailleurs seront de plus en plus contraints à lutter non seulement contre le monopole et ses gouvernements, mais aussi contre des travailleurs qui prônent le respect de l'agenda d'entreprise. Les actions et l'idéologie qui affaiblissent la riposte sont des éléments d'influence et de forces corporatives au sein du travail, et doivent être démasqués et isolés.
48. La classe ouvrière, et surtout son avant-garde, le mouvement syndical
organisé, doit développer des formes de résistance et de lutte adaptées
aux conditions du jour. Cela doit inclure le développement d’un leadership
de gauche au sein du travail organisé capable de tactiques résilientes,
Le compromis, la capacité d'attaquer et de se retirer des alliances éphémères
et la résistance opiniâtre font tous partie du même ensemble, et la lutte
est le catalyseur.
49. Comme indiqué ci-dessus, les monopolistes et leurs gouvernements ont
intensifié leurs offensives idéologiques pour s’attaquer aux travailleurs
en utilisant la crise actuelle le chômage et la paupérisation afin d'essayer
de diviser les travailleurs organisés à partir des 70% de la classe ouvrière
qui ne sont pas organisés. Ils utilisent les médias pour faire porter le
blâme sur les travailleurs organisés " bien gras " qui sont dépeints
comme des gâtés, surpayés et la cause de la ruine économique. Cette tactique
était utilisée par exemple, pour diaboliser les TCA afin «d’adoucir »
le syndicat à accepter des concessions portantes. Une stratégie similaire
a été employée à l'encontre des travailleurs municipaux du CUPE dans le
sud de l'Ontario au cours de leurs récentes grèves.
50. Le coup principal de l'attaque a été porté contre la base industrielle manufacturière en Ontario et à un moindre degré au Québec. La Colombie Britannique n'y a pas échappé au cours des dernières années, plus de 120 usines ont fermé leurs portes et des billots sont expédiées pour être transformés surtout aux États-Unis. Dans chaque province, l'attaque contre les travailleurs, contre les programmes sociaux, les pensions et les conditions de travail, la vente à rabais des ressources, la désindustrialisation et la perte de souveraineté sont des phénomènes en escalade qui nécessitent une riposte organisée.
51. Il y a eu de nombreuses luttes militantes ces dernières années, tant
dans le secteur public que dans le secteur industriel. Des travailleurs
non syndiqués ont mené des actions significatives. Des centaines de milliers
de travailleurs industriels, les exclus et expulsés de leurs usines, ont
d’énormes difficultés à mener simultanément la riposte et vivre le chômage.
Le fait que nos industries, notre énergie et nos ressources sont largement
sous contrôle étranger ou appartiennent à des étrangers complique encore
les choses, parce que l'attaque est orchestrée de l'extérieur de nos frontières,
comme dans le cas de la lutte du
Syndicat des Métallos contre la société brésilienne Vale Inco. À l'intérieur
de nos frontières, les travailleurs des soins de santé, les enseignants
et autres des secteurs publics ont subi les attaques des gouvernements
provinciaux.
52. Cependant, d’une façon générale, les ripostes ont été lentes à se manifester. Il y a plusieurs raisons à cela, dont l'intensité, la rapidité et l’escalade de l'agression.
53. Une autre raison est la faiblesse de la gauche dans le mouvement syndical, ce qui place la nécessité de construire notre Parti à l'ordre du jour. Les attaques de la Guerre Froide contre la gauche et les États socialistes a aussi permis la prédominance de l'aile droite de la social-démocratie en tant que principale idéologie du leadership syndical, avec certains éléments ouvertement bourgeois qui ne peuvent pas être négligés. Ceci a sans aucun doute entravé les tentatives des travailleurs organisés pour développer les luttes politiques extraparlementaires et à résister aux fermetures d'usines et aux attaques économiques d’une façon aussi militante que le font les Français ou les travailleurs grecs.
54. Mais les travailleurs n'ont pas fait preuve de passivité face à l'attaque. Soulignons la résistance remarquable des travailleurs du secteur public et des éducateurs des provinces de l'Atlantique canadien. La colère des travailleurs de GM a démontré leur capacité à mobiliser lorsque GM a fermé son siège social à Oshawa. Les travailleurs du SCFP qui ont confronté les conseils municipaux dans la région métropolitaine de Toronto et de Windsor, ont mis en place une défense opiniâtre de leurs prestations et salaires. Les travailleurs de la Steel Car de Hamilton ont défié un lock-out et refusé de céder sans combat. Les Métallos assiégés de la chaîne US Steel (Stelco) ont lutté de façon novatrice pendant de nombreuses années; le même syndicat est maintenant affronté à la Vale Inco à Sudbury, Voisey's Bay et Port Colborne. En Colombie-Britannique les luttes durant les dix dernières années ont été difficiles et durement combattus; la grève de 2004 du syndicat des employés d'hôpitaux a presque déclenché une grève générale, et l'année suivante, les enseignants de la province défiaient les libéraux sous Campbell ainsi que les tribunaux pour forcer le gouvernement à négocier. Les travailleurs civiques SCFP de Vancouver ont tenu pendant des mois en 2007 contre une tentative du maire et du Conseil d’éventrer leurs contrats; leur grève courageuse a contribué à la défaite de ce conseil aux élections de municipales de 2008. Les paramédicaux en Colombie-Britannique sont présentement en grève, mais contraints de travailler en tant que service essentiel. Les employés des traversiers de la cette province sont confrontés à une attaque imminente et préparent une défense. Au Québec la CSN a mis au point une proposition militante en faveur des manifestations du 1er Mai, journée internationale de solidarité de la classe ouvrière. Il y a des grèves de moindre ampleur et des escarmouches à travers le pays. Ces luttes ne sont pas rapportées dans les médias corporatifs, si ce n’est comme des causes perdues ou comme objets de ridicule dédaigneux.
55. Mais il y a un problème. Cela se constatait à Oshawa, à Windsor et
dans la campagne Matters Manufacturing. Dans chacun de ces cas, les travailleurs
ont réussi à organiser des campagnes importantes au stade initial, mais
n’ont pas trouvé le moyen de faire la deuxième étape de suivi dans ces
luttes. Cela a permis aux adversaires des travailleurs à adopter une politique
d’endiguement avec des résultats prévisibles. Le Conseil du travail de
Toronto a été en mesure de réunir 1200 délégués et militants au début de
2009 pour une conférence « Ripostons », mais a omis de joindre
cette initiative à la grève SCFP. Les travailleurs des TCA à Oshawa ont
monté une lutte innovatrice contre la fermeture du siège social de la GM
pour plusieurs jours, mais ont été battus par une injonction d’un tribunal.
Les membres des TCA à Windsor ont occupé une usine pour régler par la suite
que pour une petite partie de l’indemnité qui leur étaient due. Le syndicat
des TCA a organisé de nouveau une démonstration impressionnante pour les
régimes de retraite en Ontario, qui a démontré leur capacité à se mobiliser.
La capacité des travailleurs de s'organiser est une donnée - Mais qu’est
ce qui se passera maintenant?
56. Ces tendances sont également manifestes dans le mouvement syndical
au Québec, malgré son niveau élevé de militantisme et une conscience de
classe ouvrière Après l'élection de Jean Charest en 2003, son gouvernement
libéral a adopté une série de lois s'attaquant aux droits syndicaux. La
plus grande mobilisation du mouvement syndical québécois depuis les années
1970 a été organisée l'année suivante, avec une journée nationale de perturbations
par un front commun des syndicats, y compris une manifestation de 100.000
personnes le 1er Mai 2004 à Montréal. Cette mobilisation a abouti à une
grève générale politique de 24-heures impliquant les secteurs public et
privé, et toutes les grandes fédérations syndicales. Malheureusement, cette
riposte a été saboté de l'intérieure Le gouvernement a saisi l'occasion
pour promulguer une loi spéciale imposant de pires conditions de travail,
un gel des salaires de 2 ans, et des augmentions inférieures à l'inflation
pour les trois prochaine années suivantes. La loi a également imposé des
sanctions tant exorbitantes que l'existence même d'un syndicat violant
ses dispositions pourrait être menacée. Parce qu'ils n’ont pas réussi à
s'unir véritablement et mener une réponse politique indépendante à l’offensive
anti-classe ouvrière du gouvernement Charest, les syndicats ont en effet
subi une lourde défaite.
57. Avec le début de la crise économique, les syndicats au Québec, notamment au sein de la CSN, ont tenté de mobiliser à partie du 1er Mai 2009 un front commun à travers le Canada pour exiger des améliorations à l'assurance chômage. Malheureusement, cette initiative importante n'a pas été suivie par la FTC. Plus récemment, un front commun des syndicats du Québec a été formé pour le renouvellement des conventions collectives des travailleurs du secteur public se terminant en Mars 2010. Ce front commun, avec des moyens visant à décourager les maraudages au sein du mouvement syndical québécois, offre une perspective encourageante pour une stratégie ouvrière plus unifiée et militante.
58. L'attaque par les sociétés et leurs gouvernements s’intensifiera. La campagne corporative pour imposer un régime de salaires, pensions et avantages sur les jeunes est une tentative de séparer les générations et, en fin de compte, détruire le travail en le privant de son avenir. La nomination d'un groupe spécial (surtout conservateur) pour examiner l'histoire de la grève des employés sous juridiction fédérale est un indice inquiétant que les conservateurs de Harper s'apprêtent à éventrer le droit de négociation collective de ces travailleurs, surtout si les conservateurs réussissent à gagner une majorité au Parlement. L'ordre du jour Harper comprend également des plans visant à privatiser d’importantes parties des opérations de Postes Canada. 2010 sera une année de négociations pour les travailleurs du secteur public en Colombie-Britannique, au Québec et dans d'autres provinces. En d'autres termes, de grandes luttes ouvrières sont à l'horizon.
59. Le problème de leadership - ou son absence - dans la riposte contre l'agenda corporative n'est pas avant tout, un d’organisation, mais plutôt de caractère / idéologique /. Il est absolument essentiel de renforcer la gauche et fournir aux travailleurs une vision plus large, d'une route qui mène à quelque part. Cela pourrait commencer avec des réalisations modestes. Une première étape vitale serait de faire pression sur le CTC d'organiser une conférence spéciale d'urgence de ses affiliés, les fédérations aux Québec et ses alliés de justice sociale afin d’élaborer une stratégie globale pour contrer l'impact de la crise actuelle. L'une des questions clés d'une telle conférence serait l'unité du travail et la cessation du maraudage entre syndicats. Cela doit être une condition sine qua non pour un programme de riposte extraparlementaire qui a une perspective de créer à terme sa propre expression parlementaire anti-monopole - une Coalition populaire dirigée par la classe ouvrière et ses alliés.
60. Mais pour construire la riposte et forger une telle coalition populaire, il est également nécessaire que la gauche - tout en combattant toujours pour l'unité et les alliances - puisse aiguiser sa critique de conformisme aux tendances au sein de notre classe, pour expliquer le danger pour les travailleurs de ces tendances et démontrer des solutions de rechange. Cette compétition pour le leadership idéologique entre les forces de gauche et de droite est en fait une partie intégrante de la lutte pour l'unité, l'unité de la gauche et du centre.
Les mouvements populaires en lutte pour le changement
61. D’autres grands mouvements démocratiques sont également engagés contre
les conservateurs de M. Harper et l'agenda des entreprises, avec plus
ou moins de succès. Ces mouvements sont toutes des sections principales
d'une Coalition populaire potentielle pour guider le Canada loin des
politiques dangereuses de droite poursuivies par le gouvernement actuel.
62. La crise politique dans le pays s'inscrit dans le contexte de la guerre
impérialiste en Afghanistan, où les bombardements de l'US/OTAN continuent
à infliger des pertes énormes aux civils. Les forces d'occupation admettent
maintenant que leurs efforts pour écraser les insurgés ont échoué. L'opinion
publique au Canada a basculé de manière décisive contre la guerre, et une
majorité souhaite le retour des troupes chez nous avant la date de «sortie»
de Juillet 2011. La fraude électorale de 2009 et la corruption généralisée
au sein du régime fantoche Karsai ont affaibli encore plus le soutien pour
la guerre en Afghanistan. Mettre fin à cette occupation impérialiste est
encore plus urgent que jamais puisque le «champ de bataille» s’étend maintenant
au Pakistan et pourrait dégénérer en conflit régional.
63. Mais alors même que les pertes canadiennes en Afghanistan augmentent,
les forces anti-guerre regroupées sous l'Alliance canadienne pour la paix
n'ont pas été en mesure de mobiliser d'importantes manifestations dernièrement.
Il y a plusieurs raisons à cette situation frustrante, notamment le grand
blitz propagandiste du gouvernement Harper, les médias corporatifs, et
les hauts gradés de l'armée canadienne, soutenant que toute opposition
vocal à la guerre est «antipatriotique». Bien que cette campagne de relations
publiques n'a pas augmenté le soutien pour la guerre, elle a rendu encore
plus difficile la mobilisation par les mouvements anti-guerre d’un plus
grand nombre de Canadiens dans les rues. Un autre facteur est la conviction
de millions de Canadiens que leurs opinions sont tout simplement ignorées
par les conservateurs de Stephen Harper. Cette vision est alimentée par
l'échec des partis de l'opposition parlementaire de poser plus que des
gestes symboliques contre la guerre. Le NPD, qui autrefois préconisait
le rapatriement immédiat des troupes, s‘est retiré sous la pression de
la droite. Jack Layton parle maintenant de «soutenir nos soldats courageux»,
émettant régulièrement des déclarations soulignant leur «sacrifices pour
notre pays ». Alors que le NPD demeure officiellement contre
la guerre, Layton ne fait rien pour encourager ses membres à se joindre
à l’organisation de manifestations contre la guerre.
64. Dans le même contexte, les conservateurs de Stephen Harper tentent
d'attiser les sentiments chauvins et militaristes en se posant en «défenseurs
de la souveraineté canadienne" dans l'Arctique. Cette situation est
paradoxale pour le moins, étant donné le bilan des conservateurs comme
d'ardents défenseurs du « Partenariat de sécurité et prospérité »
et d'autres projets pour accélérer le processus d ' «intégration profonde»
du Canada avec les Etats-Unis. Alors que le gouvernement ravive
la Guerre froide avec sa rhétorique sur la menace "russe"; la
seule menace réelle à la souveraineté du Canada et celle du peuple inuit
est l'impérialisme américain. Les plans de dépenses militaires énormes
dans le Nord sont une couverture pour ouvrir davantage la région à l'exploitation
massive des réserves de pétrole et de gaz par des sociétés transnationales
américaines. Loin de protéger le Nord, cette approche augmentera les émissions
d'hydrocarbures, qui augmenteront le réchauffement climatique et la fonte
de la banquise arctique. Le Parti communiste condamne l'hypocrisie du gouvernement
Harper sur cette question et demande au contraire que des politiques axées
sur la coopération internationale pour protéger l'Arctique, y compris une
interdiction de l'exploitation des ressources souterraine dans cette région,
et une fin à la militarisation de l'Arctique.
65. Les actions de paix doivent être étendues à travers le pays par l'Alliance
canadienne pour la paix et le réseau des coalitions locales de lutte contre
la guerre. Nous nous félicitons également du renouvellement et élargissement
de la présence du Congrès canadien sur la paix, avec ses perspectives explicitement
anti-impérialiste. Le mouvement anti-guerre est une partie importante
des forces des masses populaires pour un changement fondamental des politiques
au Canada, contre le militarisme, la dévastation de l'environnement et
la domination des entreprises, et en faveur d'un développement économique
pacifique à travers la planète.
66. Le Parti communiste se félicite de la recrudescence des luttes militantes
par les peuples autochtones au cours des dernières années pour la défense
de leurs droits inhérents, et pour exiger un terme au racisme et aux conditions
de vie épouvantables imposées par des siècles de domination coloniale.
La réclamation héroïques des terres à Caledonia par les Six Nations, l'occupation
du barrage d'Hydro Tobique par les Malécites du Nouveau-Brunswick, le blocus
de Grassy Narrows dans le nord-ouest de l'Ontario, la résistance contre
l'expansion du tourisme sur les territoires non cédés par les peuples autochtones
de la Colombie-Britannique – ces luttes et bien d’autres encore démontrent
que bien loin d'être écrasés, les peuples autochtones au sein des frontières
de l'État canadien demeure une force puissante de la résistance contre
l'ordre du jour corporatif. Nous continuerons à étendre notre solidarité
à toutes ces luttes et d'encourager tout effort visant à construire une
plus grande unité de tous les Autochtones et des mouvements populaires
non autochtones sur la base de la reconnaissance et le soutien de la juste
lutte pour gagner les droits inhérents à la souveraineté tribale et territoires
traditionnels des peuples autochtones.
67. Le mouvement des jeunes et des étudiants demeure une autre élément
essentiel de l'opposition populaire à l'agression corporatif. Alors que
le mouvement étudiant dans le Canada anglophone est entravée par les divisions
causées par les forces de droite sur un certain nombre de campus de la
Fédération canadienne; des étudiants et des sections militantes et progressistes
du mouvement étudiant au Québec ont continué à se battre contre l'escalade
rapide des frais de scolarité dans tout le pays. Les étudiants du secondaire
ont été extrêmement actifs dans les actions anti-guerre, l'opposition à
la politique d'apartheid de l'Etat d'Israël, les mouvements de la liberté
d'expression et de nombreuses autres questions progressives. Des groupes
de jeunes travailleurs alignés avec les conseils du travail ont joué un
rôle important dans la lutte pour accroître les taux de salaire minimum,
les droits des jeunes au travail, et les demandes connexes dans de nombreux
domaines. Depuis notre 35e Convention, la Young Communist League / Ligue
des jeunesses communistes a tenu son congrès de refondation, et des clubs
sont actifs dans plusieurs provinces. La LJC et ses magazines Rebel
Youth et Jeunesse Militante sont devenus une présence de
plus en plus visibles au sein de la jeunesse et du mouvement étudiant,
en aidant à construire ces luttes et à faire avancer la perspective d'un
avenir socialiste pour les jeunes au Canada.
68. Ces dernières années, la résistance continue contre les politiques
de déréglementation, la sous-traitance, les «partenariats public privé»
et autres expressions de l'attaque néo-libérale sur le secteur public.
Il a eu des luttes importantes autour de la défense de l'assurance-maladie
et d'opposition aux projets P3 qui portent atteinte à un contrôle public
et démocratique du système de soins de santé. Ces mouvements ont réussi
à prévenir de nombreuses initiatives du genre et à maintenir un soutien
public fort pour les principes de l'assurance-maladie - l'universalité,
la transférabilité, etc. Nous notons que les conservateurs de M. Harper
ont refusé de contrer les mensonges scandaleux propagés par le secteur
des entreprises américaines de la santé contre les systèmes canadiens d'assurance-maladie:
en fait les conservateurs accueillent de telles attaques, qui les aideront
à préparer les prochaines étapes d’assaut contre les soins de santé publique
au Canada.
69. Dans plusieurs provinces, les tentatives des gouvernements provinciaux
et municipaux de privatiser les éléments clés de l'électricité et l'eau
ont rencontré une vive opposition. Ces actions sont étroitement liées à
la plus large campagne contre la soi-disant «sécurité et la prospérité" qui
a été entrepris par le Conseil des Canadiens, de nombreux syndicats et
d'autres groupes. Le Partenariat sécurité et prospérité (PSP), comme notre
parti a déjà noté, est soutenue par des personnes morales telles que le
Conseil canadien des chefs d'entreprise, et est destiné à «harmoniser»
les lois et normes canadiennes et mexicaines à celles des américains. La
campagne contre le PSP et autres opérations éhontées pour effacer les éléments
restants de la souveraineté canadienne a contribué à ralentir le gouvernement
Harper dans sa tentative de privatiser le secteur public et vendre le Canada
au capital transnational.
70. Les femmes au Canada se heurtent encore à des inégalités qui persistent,
comme l'écart salarial infâme d'environ 30% par rapport aux hommes ayant
des qualifications similaires. La violence contre les femmes reste une
réalité générale, et les femmes sont confrontées à des taux plus élevés
de pauvreté à travers le Canada, en particulier les femmes autochtones
et les immigrantes. Alors que leur participation au marché du travail correspond
à celui des hommes, un plus grand nombre de femmes travaillent à leur compte
ou à des postes temporaires, à temps partiel ou d'autres formes d'emploi
précaires. Le Comité national d'action sur le statut de la femme, qui a
émergé dans les années 1970 comme la coalition principale des groupes pour
l'égalité, est devenu une force politique puissante. Cela a encouragé le
gouvernement libéral Chrétien pro entreprises des années 90 à réduire le
financement du CNA, un processus qui s'est poursuivi dans la décennie en
cours et conduit à la disparition du CNA. De même, les programmes destinés
aux femmes, aux coalitions, aux abris et aux autres groupes ont subi des
coupures drastiques de financement de la part de tous les paliers de gouvernement
au cours des dernières années, imposant des souffrances incroyables sur
le mouvement des femmes. Suite aux attaques initiales du gouvernement Harper
sur les programmes des femmes, la Coalition spéciale pour l'égalité des
femmes et des droits de l'homme sont apparues pour promouvoir la lutte
continue pour l'équité salariale, un système de garde d’enfants à l'échelle
du pays et d'autres exigences essentielles du mouvement des femmes. Le
Parti communiste continuera à soutenir cette initiative visant à reconstruire
au Canada un mouvement de femmes puissant, un élément essentiel de toute
coalition populaire comme alternative au programme de la droite.
71. La prise de conscience de la menace posée à l'existence humaine par
les changements climatiques et le réchauffement planétaire se va croissant;
le mouvement environnemental à travers le Canada a joué un rôle important
dans la campagne pour réduire la dépendance sur l'énergie fossile. Cet
objectif est devenu plus urgent étant donné que les objectifs de Kyoto,
qui visait à limiter la température mondiale à une augmentation de deux
degrés (Celsius) d’ici 2012 (par rapport aux niveaux de 1990), ont déjà
été dépassés. Le Sommet de Copenhague sur le changement climatique en Décembre
2009 sera un test crucial pour savoir si oui ou non de telles augmentations
(principalement causée par les émissions de carbone provenant des combustibles
fossiles) peuvent être arrêtées et renversées.
72. Toutefois, il existe de fortes différences au sein du mouvement environnemental
autour des possibilités de changements radicaux dans le système capitaliste
actuel. Le Parti Vert du Canada, comme ses homologues dans d'autres pays,
se considère comme «au-dessus du clivage gauche droite». En pratique, cela
signifie souvent que les politiques du Parti Vert et de certains grands
groupes environnementaux sont basées sur l'acceptation implicite des rapports
de propriété privée et tentent d'encourager le «capitalisme vert». Ce facteur
a joué un rôle négatif dans l’élection de Mai 2009 en CB. quand certains
écologistes éminents ont soutenu le plan des libéraux de M. Campbell pour
la privatisation de rivières au nom de projets d ' «énergie verte» avec
les risques de conséquences graves à d'autres aspects de l'écologie. Une
présence urgente de groupes environnementaux ayant une conscience aiguë
des dangers du contrôle des sociétés de ressources est nécessaire dans
le mouvement pour construire une puissante coalition populaire au Canada.
73. Une partie essentielle de la crise environnementale est liée à la production
et l'utilisation des ressources énergétiques, en particulier dans notre
pays. En Septembre 2008, notre Parti a publié un Plan énergétique du
Peuple pour le Canada dans lequel on note que:
"Notre monde - et notre pays - sont dans une période de graves dangers,
une ère de changement climatique potentiellement dévastateur, la faim généralisée
et le chaos, toutes liées à la croissance incontrôlée de la consommation de
combustibles fossiles, les émissions de gaz à effet de serre, et les guerres
pour contrôler les réserves pétrolières. En réponse, le Parti communiste du
Canada propose d'importants changements de politique à long terme et radicales,
ce qui nécessite une lutte courageuse pour prendre des mesures urgentes et
décisives ... L'aspect le plus déterminant d'une telle politique - la pierre
angulaire sur laquelle toutes les autres mesures doivent reposer - est la propriété
publique de l'énergie. Toute transformation significative du "système" de
l'énergie est impossible sans arracher le contrôle aux monopoles privés d'énergie
- à la fois nationaux et étrangers - et le retour de la propriété et du contrôle
aux Canadiens, y compris les peuples autochtones dont les terres ont été ravagées
par le Big Oil ".
Le nouveau Comité centrale devrait être chargée d'accorder une plus large
diffusion et publicité à ces propositions, et soutenir toutes les grandes
campagnes autour de l'énergie et la préservation de notre environnement
qui sont compatibles avec les objectifs énoncés dans ce "Plan énergétique
du Peuple".
74. Un autre mouvement qui a aussi joué un rôle visible en s'opposant au
programme de droite, est la lutte pour défendre les droits des immigrés
et des travailleurs sans documents au Canada. Des groupes comme No One
Is Illegal ont beaucoup fait pour exposer la campagne d'entreprise racistes
pour exploiter ces travailleurs marginalisés afin de les priver des droits
démocratiques et civils, et de les utiliser comme sources de profits pour
être déportés par la suite vers leur pays d'origine au bon vouloir des
employeurs et des gouvernements. Les employés qui entre au pays en vertu
du Programme des travailleurs étrangers temporaires et le Programme des
employés logés et nourris se voient refuser la plupart des droits juridiques
et politiques des Canadiens. Dans un monde où les entreprises et les gouvernements
de droite cherchent à éliminer tous les obstacles à l'action du grand capital,
il est vital de défendre les droits des travailleurs à chercher un emploi
et de jouir de droits égaux, peut importe leurs lieux de résidence, y compris
le droit de se syndiquer et de négocier collectivement et de demander la
citoyenneté au Canada. La lutte pour unir tous les travailleurs doivent
comprendre des efforts de principe à la lutte pour les droits des immigrés
et des travailleurs sans documents et de s'opposer à des campagnes de boucs
émissaires tels que les attaques racistes du gouvernement Harper contre
les Romas, les Mexicains, et d'autres qui demandent le statut de réfugié
au Canada.
75. La lutte pour défendre les droits civils et démocratiques dans l'environnement
politique post-9/11 est devenue un autre élément clé du mouvement pour
créer une véritable alternative au programme de droite. Le Parti communiste
du Canada a joué un rôle de premier plan dans la bataille juridique et
politique pour protéger et étendre les droits électoraux des électeurs
et des petits partis politiques, et travaille également à résister à la
campagne de «profilage racial» contre les musulmans, les Arabes et les
autres groupes minoritaires. Nous condamnons les «certificats de sécurité»
et autres mesures visant à supprimer les droits civils et légaux des non
citoyens, qui représentent également un grave danger pour les droits de
tous les Canadiens. Nous sommes outragés par le traitement scandaleux accordé
à Maher Arar,qui a été enlevé et envoyé dans une prison syrienne, avec
la complicité des services de sécurité canadiens; Suaad Hagi Muhamad, le
Canadien qui a été empêché de rentrer chez lui après un voyage au Kenya,
et Abousfian Abdelrazik, immobilisé au Soudan depuis plus d'un an par le
refus du gouvernement de lui délivrer un passeport canadien. De même, le
gouvernement refuse d’agir pour ramener l'enfant-soldat canadien Omar Khadr,
qui est toujours incarcéré sans jugement dans le camp de concentration
américain de Guantanamo depuis plus de sept ans, en violation flagrante
du droit international. Pour les conservateurs de Stephen Harper, les passeports
canadiens sont des pièces de papier pratiquement sans valeur, pas même
accepté comme pièce d'identité pour voter lors des élections.
76. Les restrictions à la liberté d'expression sont devenues de plus en
plus courantes ces dernières années, avec l'appui manifeste du gouvernement
fédéral. Cela vaut notamment pour les mouvements sur les campus universitaires
où s’exprime la solidarité avec les Palestiniens contre les politiques
d'apartheid de l'État d'Israël, et les préparatifs pour les Jeux olympiques
d'hiver de 2010 à Vancouver-Whistler. La lutte pour défendre la liberté
d'expression et tous les droits civils et démocratiques pour tous ceux
qui vivent au Canada est un élément nécessaire du mouvement plus large
visant à protéger les intérêts des travailleurs.
Construire le Parti communiste : la question décisive
77. L'hostilité des conservateurs de Harper à l’endroit des gains durement
acquis de l’équité sociale est de plus en plus évidente dans leur traitement
fanatique de la communauté lesbienne, gay, bisexuelles et transgenre (LGBT)
et les "ballons d'essai" lancés par des députés d'arrière-banc,
afin de tâter l’opinion en vue de législations visant à saper les droits
reproductifs des femmes. Les luttes pour défendre et étendre l'égalité
des LGBT et les droits des femmes font partie intégrante du mouvement plus
large pour construire une opposition unie contre l’agenda conservateur.
78. Dans l'Ouest canadien, l’offensive des Conservateurs pour détruire
la Commission canadienne du blé en tentant d'éliminer le guichet unique
de vente de blé et d'orge est une autre preuve claire du rôle du gouvernement
Harper en tant qu'agent du capital transnational, et dans ce cas, des grands
monopoles du grain. Les ministres conservateurs de l’agriculture ont à
maintes reprises bafoué les droits légaux et démocratiques des petits producteurs
de grain des fermes familiales qui sont une autre composante importante
des forces de classe qui doivent s'unir pour former une Coalition populaire.
79. Il existe d'autres développements significatifs dans la lutte pour
construire un mouvement populaire fort pour un tel changement dans les
politiques économiques, politiques et sociales. Au Québec, les élections
de décembre 2008 à l'Assemblée nationale marquant ont vu la défaite cuisante
de l’Action Démocratique du Québec (ADQ), parti d’extrême-droite, et
la percée électorale victorieuse d'Amir Khadir, co-dirigeant de Québec
Solidaire, le Parti progressiste large qui a le soutien et la participation
de notre parti au niveau provincial. L'élection de Khadir en tant que
membre de l'Assemblée nationale représentant la circonscription ouvrière
de Mercier sur l'île de Montréal a été une victoire importante pour les
travailleuses et les travailleurs au Québec.
80. Une autre victoire a été l’excellente performance de COPE aux élections
civiques de 2008 à Vancouver. Après avoir dépassé les divisions qui avaient
menacé son unité, ce parti de coalition, ouvrier et de gauche, de réformes
civiques célèbre maintenant son 40e anniversaire. Pendant ces quatre
décennies, COPE a fait élire beaucoup de militantes-ts et de dirigeantes-ts
populaires, y compris un certain nombre de communistes au Conseil municipal
et aux conseils scolaires. Les exemples de Québec Solidaire et de COPE
montrent que, même pendant des périodes où la lutte contre la domination
des entreprises capitalistes n’a pas un grand écho au parlement, des
avancées significatives sur le plan électoral peuvent néanmoins se produire
grâce à des tactiques et des stratégies cohérentes visant à construire
une véritable unité autour de politiques ouvrières.
Un plan d'action global pour défendre les gens et non les profits
[Veuillez noter S.V.P. : un rapport d’organisation
et un plan de travail plus détaillés seront présentés dans le prochain
numéro du Bulletin de discussion afin que les membres du Parti puissent
en prendre connaissance avant le Congrès.]
81. Toutes ces luttes doivent être abordées dans le contexte de la crise
économique globale qui commande l’attaque de la droite. Ce qu’il faut aujourd'hui
est un plan d'action global - une solution économique et politique qui
serve avant tout les intérêts des gens, non des profits - notamment ce
qui suit:
• des protections pour les travailleuses et travailleurs canadiens grâce
à l’adoption immédiate d’une législation contre les fermetures d'usine
pour arrêter l'exode des emplois du secteur manufacturier;
• des mesures d'urgence pour protéger les industries secondaires, avec
des garanties fermes pour prévenir les licenciements, les suppressions
d'emplois, les réductions de salaires ou de pension, et exigeant de réinvestir
dans l'économie nationale;
• une réforme du régime d’assurance-emploi pour couvrir l'ensemble des
travailleuses et des travailleurs pendant toute la durée du chômage (y
compris l'élimination de la période d'attente), avec des prestations se
montant à 90% des gains antérieurs;
• l’instauration d’un moratoire sur les expulsions des logements, les saisies
hypothécaires et les coupures de services utilitaires pour cause de chômage;
• une augmentation immédiate du salaire minimum à $16/hre., accompagnée
d'une législation visant à protéger et à améliorer les salaires, les avantages
sociaux et les pensions pour toutes les travailleuses et les travailleurs,
pour aider à augmenter les revenus et ainsi stimuler la consommation intérieure;
• des mesures d'urgence de soutien aux peuples autochtones pour qu’ils
puissent mettre en oeuvre eux-mêmes des politiques économiques et sociales
efficaces au sein de leurs communautés;
• un programme massif d'investissements publics pour construire des logements
sociaux abordables, pour reconstruire les infrastructures du Canada en
décomposition, dans la protection de l'environnement et la conservation,
et dans les programmes de création d'emplois pour les jeunes et les arts;
• Une réforme fiscale très progressive basée sur la capacité de payer,
la révocation de toutes les réductions d'impôt, les exemptions et reports
fiscaux à tous les niveaux pour les sociétés, l'abolition des taxes de
vente, et l'introduction d’un impôt sur la richesse et les successions
- des mesures qui vont déplacer le fardeau fiscal du peuple travailleur
sur les sociétés et les bien-nantis;
• des mesures d'urgence pour protéger et étendre notre système de santé
publique, l'éducation et autres programmes sociaux, notamment la création
d'un système public de garde d'enfants de qualité et universel, abordable,
avec des standards à l'échelle du Canada;
• le retrait immédiat du Canada de la désastreuse guerre d'occupation en
Afghanistan, et une réduction de 50% des dépenses militaires.
82. Pour assurer ces actions contre la crise et les rendre efficaces, il
faut des réformes plus fondamentales afin de sauvegarder les emplois, les
revenus et les services pour la population canadienne, incluant (entre
autres):
• La nationalisation des industrie de l'automobile et de l'acier au Canada;
• La propriété publique, sous contrôle démocratique, des grandes banques,
des compagnies assurances et autres institutions financières au Canada;
• la nationalisation de l'industrie énergétique pour garantir l'approvisionnement
interne et pour fournir la base matérielle pour la reconstruction économique
de l'industrie canadienne et la création de centaines de milliers d'emplois,
notamment dans des projets tels que l'énergie renouvelable, le transports
en commun, et la production de masse d’une voiture moins énergivore au
Canada;
• le retrait immédiat du Canada de l'ALENA, l'arrêt des négociations pour
le « Partenariat pour la Sécurité et la Prospérité » (SPP) et
l'adoption d'une politique commerciale beaucoup plus diversifiée, multilatérale,
fondée sur le respect des avantages mutuels, et
• l'instauration d’un revenu annuel garanti (RAG) permettant de vivre pour
chaque individu, ainsi qu'une réduction de la semaine de travail sans
perte de salaire net.
83. Nous ne sommes pas surpris, étant donné les intérêts de classe que
représentent le gouvernement Harper et les libéraux d’Ignatieff que ces
politiques n'aient pas été considérées par le Parlement. Néanmoins, c'est
précisément ce type de revendications autour desquelles le mouvement syndical
et ses alliés dans les mouvements populaires - les peuples autochtones,
les jeunes et les étudiants, les femmes, les agriculteurs, les aînés et
toutes les forces démocratiques engagées dans la lutte pour la paix , pour
la préservation de l'environnement et pour les droits et l'équité – ont
besoin de s'unir pour combattre dans ce moment crucial.
84. Seule l'unité d'action des larges masses, en mobilisant des millions
de travailleuses et travailleurs en lutte, peut réellement donner vie à
un plan global de lutte contre la crise. C'est pourquoi nous avons exhorté
les dirigeants du mouvement ouvrier - le Congrès du travail du Canada,
les centrales syndicales au Québec, ainsi que tous leurs principaux affiliés
- à se réunir avec leurs alliés des mouvements sociaux dans une conférence
d'urgence afin d’articuler un tel programme unifié de demandes, une stratégie
de lutte fondée une escalade de l'action des masses, et avec les ressources
nécessaires pour passer à travers.
85. Une telle perspective pourrait aider à réunir une large coalition populaire,
que de notre parti préconise depuis longtemps. Une telle coalition serait
bien sûr largement issue des luttes unitaires de la base dans les communautés
partout à travers le pays, les luttes dans les lieux de travail et dans
la rue pour défendre les intérêts vitaux du peuple. À mesure qu'elle évoluera,
une telle coalition populaire pourrait devenir d’envergure pan-canadienne,
faisant passer la lutte de masse à l'offensive, et lui conférant éventuellement
une expression électorale. C'est le genre de coalition dont notre classe
et notre pays ont besoin dans cette époque de profonde crise économique
et politique, et notre parti va travailler sans relâche à aider à forger
cette nouvelle alternative.
86. En même temps, nous sommes parfaitement conscients qu’une autre élection
fédérale pourrait bientôt être déclenchée. La classe ouvrière ne peut pas
rester indifférente à l'issue de cette élection, qu’elle ait lieu cet automne
ou plus tard. Comme dans l'élection de 2008, le Parti communiste appellera
à la défaite des Conservateurs de M. Harper – les représentants les plus
dangereux des entreprises au Canada - et de bloquer la droite, en niant
aussi une majorité aux Libéraux pro-entreprises, pro-guerre qui sous Ignatieff,
ne diffèrent des Conservateurs essentiellement que sur le rythme et l'ampleur
quant à l'imposition de l’agenda continentaliste des entreprises.
87. Nous sommes très préoccupés par le déplacement de plus en plus évident
vers la droite de la direction du NPD dans la période récente. Comme indiqué
plus avant, Jack Layton, s’est considérablement éloigné de la position
préalablement adoptée par son parti d'appeler à une fin rapide à la mission
militaire canadienne en Afghanistan. Dans le domaine de l'économie, bien
que le NPD appuie certaines mesures visant à réduire l'impact de la crise
sur les travailleuses et les travailleurs, Layton a également beaucoup
cédé aux pressions des grandes entreprises. Nous nous rappelons ses commentaires
de Janvier dernier à un déjeuner parrainé par l'une des principales institutions
des monopoles, des banquiers et des financiers dans ce pays, le Toronto
Board of Trade: « C'est ce courage de la population canadienne
qui fait la force de notre pays. Combinons ce courage tranquille avec des
investissements judicieux pour l'avenir ... C'est ce genre de courage que
les travailleuses et les travailleurs auront besoin pour accepter une diminution
de salaire afin que vos amis à l'usine puissent garder leur emploi. »
88. Lors congrès fédéral du NPD en août 2009 à Halifax, beaucoup d'attention
médiatique a porté sur des résolutions qui proposaient un changement de
nom pour le parti, laissant tomber le mot « Nouveau ». Ces résolutions
et d'autres questions «controversées» ont été retirées de l'ordre du jour,
tandis que les principaux porte-paroles ont vigoureusement nié que le NPD
appuierait de « vieilles idées » telles que la propriété
publique des banques ou de l'industrie énergétique.
89. Ces changements dans la politique du NPD reflètent une forte tendance
du leadership à répondre aux exigences des grandes entreprises. Il serait
erroné de conclure, comme l'ont fait certains, qu'il n'y a plus de différence
entre le NPD et les partis des grandes entreprises. Mais, sous le leadership
de Layton, cette différence s'est réduite, au détriment d'une riposte
puissante et unie de la classe ouvrière aux attaques des entreprises. Au
lieu de gagner des voix et des sièges, le NPD peut ainsi perdre le soutien
des travailleuses et des travailleurs qui voient moins de raisons d'aller
aux urnes pour appuyer un parti qui ne propose pas clairement une plate-forme
alternative progressiste.
90. De même, il n'y a aucun signe que l'ensemble des politiques du Parti
Vert aient évoluées dans une direction progressiste. Bien que les Verts
prendre des positions progressistes sur les questions de la paix, de la
démocratie et des libertés civiles, ils restent attachés à l'idée erronée
selon laquelle les changements environnementaux peuvent être gagnés principalement
par le biais de mesures encourageant le «capitalisme vert».
91. Dans cette situation, le Parti communiste du Canada entrera de nouveau
dans la prochaine élection fédérale en présentant environ 20-25 candidates
et candidats dans des circonscriptions choisies à travers le pays. La campagne
communiste s'efforcera de gagner des voix et le soutien aux mesures immédiates
de notre plate-forme, et de renforcer la capacité de la classe ouvrière
pour mener la lutte à plus long terme pour une coalition populaire qui
fera tourner ce pays vers une direction progressiste, et finalement vers
le socialisme.
92. Il n'ya aucune contradiction à préconiser un mouvement de masse puissant
et solidaire pour affronter les problèmes immédiats de la classe ouvrière,
et l'objectif du Parti communiste d'un Canada socialiste. En fait, un parti
communiste plus grand et plus puissant contribuerait à surmonter l’attitude
de passivité et de repli et qui caractérisent aujourd'hui les principaux
dirigeants du CTC et la direction de droite du NPD. Les campagnes publiques
et électorales du Parti Communiste sont une partie nécessaire du combat
politique et idéologique indispensable pour promouvoir la nécessité d'une
riposte unifiée de masse, et pour le genre de coalition populaire qui nous
fait si cruellement défaut pour surmonter la crise politique au Canada
aujourd'hui.
93. L’agression des entreprises envers les droits et les niveaux de vie des travailleurs s’intensifie en même temps que l’attaque idéologique. Le transfert massif de la richesse de la classe ouvrière vers les grandes sociétés, le chômage massif permanent et l’appauvrissement relatif et absolu de millions de gens doit être justifié en jetant le blâme sur la classe ouvrière et le mouvement syndical en premier lieu.
94. Tandis que 20 milliards de dollars se voyaient remis aux cinq grandes banques canadiennes, 14 milliards de dollars aux fabricants automobiles du Canada et quelques milliards de plus dans des fonds de stimulation économique pour des sociétés à tous les niveaux, une campagne de provocation sans précédent sur l’« avidité » des travailleurs canadiens de l’automobile a été déclenchée avec le soutien combiné des fabricants automobiles du Canada et des É.-U., de l’Ontario, du gouvernement fédéral et des É.-U., ainsi que la clameur collective de la capitale et des médias nord-américains. Leur demande visait, d’une part, à dépouiller les travailleurs de la section la plus solide et la mieux organisée du mouvement ouvrier du Canada, de milliards de dollars en salaires différés, avantages sociaux et pensions, afin de semer la terreur au sein du mouvement ouvrier, et d’autre part, à recruter les chômeurs, les travailleurs non syndiqués et les dépossédés pour joindre cette attaque.
95. C’est arrivé l’hiver dernier, juste en quelques semaines, et cela a permis d’établir le modèle et de donner le ton de l’attaque lancée sur les ouvriers des secteurs public et privé partout dans le pays et sur le continent. C’est à suivre.
96. Depuis les douze derniers mois, le Parti communiste fait campagne pour exposer le grand danger de la droite que les médias, les sociétés et l’appareil d’État font tout leur possible de dissimuler. Aucun redressement n’est prévu favorisant ou incluant la classe ouvrière, les femmes, les jeunes, les travailleurs, les chômeurs et les pauvres. En fait, ce sont les profits des sociétés qui se redresseront sur le dos des ouvriers qui créent cette même richesse. D’autre part, le redressement pour les ouvriers est directement lié au développement d’une lutte unie de la masse des militants pour freiner la puissance des sociétés, en amenant les gens dans les rues et en édifiant la conscience politique de classe afin de mettre en question le système lui-même.
97. C’est le message que nos deux journaux, la tournée du camarade Miguel Figueroa à travers le Canada et la distribution de 50 000 dépliants remis le printemps passé au cours de manifestations, aux portes des usines, sur les lignes de piquetage, dans les conseils de travail et les réunions syndicales. Nous avons lancé un appel à l’action au CLC afin de convoquer les mouvements ouvriers et démocratiques à un sommet d’urgence à travers le Canada, visant à développer un plan d’action et une contre-attaque pouvant ramener les gens dans les rues, en intensifiant les grèves et les manifestations pour faire tomber le gouvernement de Harper.
98. Ce sont les idées, les politiques, le programme et la stratégie du Parti communiste qui font en sorte qu’il est beaucoup plus grand que la somme de ses trop peu nombreux membres encore.
99. Nos politiques et notre stratégie ont le potentiel de renverser les gouvernements et de changer la direction du Canada. Quand ces idées et ces demandes de libération sont prises par les masses du peuple, elles deviennent une force matérielle de changement. C’est pourquoi la classe dirigeante et l’État détestent les idées socialistes et feront tout ce qui est en leur pouvoir pour émousser la croissance des forces de gauche et, en particulier, celle du Parti communiste. Il est de notre essence révolutionnaire et de notre potentiel objectif d’accroître notre nombre et notre influence, au fur et à mesure que la crise systémique du capitalisme s’aggrave, faisant du Parti communiste une menace efficace pour le système capitaliste et une force conséquente dans la lutte pour un changement fondemental et pour le socialisme au Canada.
100. La tâche du Parti communiste consiste à aider à faire fusionner ces idées révolutionnaires avec le mouvement de la classe ouvrière, afin d’aider la classe ouvrière à comprendre ses tâches immédiates aussi bien que son rôle historique prépondérant dans la lutte contre l’impérialisme, la guerre et la réaction. Armée d’une théorie scientifique, la classe ouvrière se libère pour lutter politiquement, pour combattre sur les fronts économiques, politiques et idéologiques avec vision et clarté. « La théorie sans pratique est stérile » a dit Lénine, « et la pratique sans la théorie est aveugle. »
101. En fournissant aux travailleurs une analyse complète et véridique de ce qui se passe, de ce qui peut être fait et ce qui se fait à l’heure actuelle par des travailleurs en lutte partout au pays et dans d’autres régions du monde, comme nous travaillons dur pour le faire dans les pages de People’s Voice et Clarté, et dans Spark!, ainsi que dans les nombreux dépliants et tracts que nous publions, nous exposons les arguments des sociétés, en donnant ainsi aux ouvriers et à leurs organisations les moyens de combattre plus efficacement.
102. Il s’agit d’une bataille d’idées, et elle se joue sur une scène où le Parti communiste peut mieux contribuer et davantage dans les années à venir. Plus d’articles et de matériel sur les questions urgentes auxquelles nous sommes confrontées, une publication plus fréquente et une distribution ainsi qu’une circulation beaucoup plus larges peuvent renforcer les forces progressistes de gauche, et fournir des munitions aux ouvriers qui luttent contre des sociétés sans scrupule et des gouvernements réactionnaires. L’urgence de la situation est évidente.
Un Parti communiste plus grand et plus fort
103. Devenir plus grand, plus efficace et exercer une plus grande influence dans le mouvement de classe ouvrière, chez les jeunes et les femmes – voilà notre tâche la plus pressante et la plus décisive. Tous les efforts doivent être déployés au cours des trois prochaines années pour atteindre cet objectif. La signification d’un parti communiste plus fort, sera celle d’un mouvement ouvrier plus fort et plus efficace, d’une gauche plus forte et plus unie, ainsi que d’une riposte plus forte et plus efficace.
104. Les cellules et les comités du Parti, partout au pays, doivent faire le point et prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer leur noyau léniniste, ainsi que leurs liens avec la classe ouvrière et les mouvements populaires. Chaque cellule ou comité devrait comprendre un dirigeant responsable de l’organisation, un responsable de la formation, un responsable du journal et un plan de travail. Chaque cellule devrait être reliée aux organisations principales dans son secteur de responsabilité, dont les conseils du travail et les groupes locaux affiliés, les organisations pour la paix, les organisations de jeunesse et féminines, de même que les mouvements et les coalitions de résistance dans chaque secteur. Les cellules devraient prendre l’initiative, dans la mesure du possible, au sein des luttes qui surgissent dans leurs secteurs, en portant une attention toute particulière aux grèves, lignes de piquetage, lieux de travail, luttes de chômeurs et de travailleurs non syndiqués, ainsi qu’aux luttes impliquant la jeunesse.
105. Le Comité central, le Comité national du Québec, et les comités provinciaux
devraient fournir des dépliants et le matériel requis par les cellules
pour faire campagne et aider à rendre les cellules et le Parti plus visible
et influent dans tous les secteurs. Il faut développer des cadres dans
les cellules, aux niveaux central et provincial pour alimenter le leadership
au sein du Parti et au sein des mouvements de masse. Le travail d'éducation
doit être régularisé et devenir une partie beaucoup plus intégrée de la
vie des cellules et du Parti. Le développement de nouveaux membres a besoin
d'attention spéciale.
106. Les principes léninistes d'organisation de direction collective, l’affectation
des tâches et la vérification, la critique et l'autocritique, doivent être
appliquées plus rigoureusement à tous les niveaux, en commençant par le
Comité central, afin de rendre notre travail plus efficace et plus productif.
Nous devons donner de l'élan au Parti, et le faire en obtenant de meilleurs
résultats.
107. En Mai, le Comité central a envoyé le camarade Sam Hammond travailler
en Colombie-Britannique pour aider à retourner la situation là-bas. Dans
un court laps de temps, de bons résultats ont été réalisés. Maintenant,
le CEC et le Comité central ont demandé à Sam de se rendre disponible pour
continuer à travailler en Colombie-Britannique pendant encore deux ans.
Nous espérons que cela aidera le Comité de Colombie-Britannique et les
membres de la Colombie-Britannique à renforcer le travail du Parti sur
la côte Ouest. Le Camarade George Gidora se retire après avoir servi en
tant que leader en Colombie-Britannique pendant 15 ans, et l'ensemble du
Parti et le remercie et lui témoigne son appréciation pour le travail qu'il
a fait durant tout ce temps et pour les contributions constantes qu’il
a faites avec tous les moyens dont il fut capable.
108. À travers le pays, il doit y avoir plus d'assistance du Centre pour
aider les comités du Parti, dans les Prairies et dans les provinces Atlantique
en premier lieu, mais aussi en Ontario et au Québec. La futur Comité central
a besoin de travailler plus étroitement avec ces comités afin de déterminer
quelle est la meilleure façon de fournir cet aide et d’améliorer le travail.
109. Bien que le membership n'ait pas enregistré une croissance nette importante
depuis le dernier congrès, la composition du Parti a continué de se modifier,
avec une composition d'ensemble plus jeune, et beaucoup de nouveaux membres
provenant des communautés de nouvelles arrivantes et arrivants de l'Asie
du Sud, d’Amérique latine, et du Moyen-Orient ainsi que d'autres communautés
d'immigrantes et d’immigrants. Nous devons réfléchir davantage sur la façon
de travailler avec les organisations syndicales et de masse dans ces communautés,
et en même temps identifier les individus les plus progressistes et politiquement
actifs pour les rallier au Parti. Il devient de plus en plus important
que nous traduisions et publions une partie de notre matériel dans un
certain nombre de langues en plus du Français et de l'Anglais, tant pendant
les campagnes électorales que dans nos activités extra-parlementaires.
110. Les matériaux qui peuvent être diffusés par voie électronique, par
courrier électronique et notre site Internet prennent également de plus
en plus d’importance et davantage de gens nous rejoignent de cette façon.
Plus d'attention et de ressources doivent être accordée à notre publicité
électronique et notre travail d’information.
111. En Ontario, le Parti a bâti 2 nouvelles cellules et rétabli une autre
depuis le dernier congrès. Il s’agit de la cellule Shafik Handal Tri-City
de Guelph-Kitchener, de la cellule N'kosi à Windsor, et du rétablissement
de la cellule Eric Blair à St. Catharines. Ces cellules sont composées
principalement de personnes plus jeunes, et sont situés dans des villes
industrielles où le parti était influent dans le passé. Ces nouveaux clubs
ont présenté des candidates et candidats dans les 3 dernières élections,
fédérales et / ou provinciales, le club Shafik Handal fournissant 3 candidats
à Guelph et Kitchener l'année dernière, nous permettant d'avancer nos politiques
et nos idées dans des centres importants où nous n’avions pas fait campagne
depuis de nombreuses années. À Guelph, la cellule du Parti inclue des membres
dirigeants d'une cellule en plein essor de la LJC, et les deux organisations
ont une forte présence sur le campus de l'Université de Guelph.
112. Il ya aussi une nouvelle cellule à Calgary, la Cellule du peuple du
Punjabi, qui est composé de camarades actifs dans la communauté sud-asiatique.
113. En C.-B., la cellule Upper Fraser a été créée il ya presque 2 ans,
et est très active là dans la communauté sud-asiatique. À Trail, une nouvelle
cellule est également possible à la suite de la campagne très vivante et
efficace lors des élections provinciales ce printemps du camarade Zack
Crispin, notre candidat là - la première campagne communiste à Trail depuis
près de 50 ans. Le Parti et YCL ont de nouveaux amis et des nouveaux contacts
à la suite de ces efforts.
114. Au Québec, le PCQ est aussi bien connecté aux communautés immigrantes,
et est présent dans les arts et dans le mouvement syndical. La LJC-YCL
est également très active.
115. Les nouveaux membres qui ont adhéré depuis le dernier congrès sont
vraiment bienvenus et la plupart sont actifs dans les cellules auxquelles
ils ont adhéré. Beaucoup sont intéressés par le travail pédagogique et
théorique du Parti, mais à l'exception de la Colombie-Britannique qui a
une école d'été chaque année « qu’il pleuve ou qu’il fasse beau »,
les écoles n'ont pas été suffisamment régulières à travers le pays.
116. Des écoles pour les nouveaux membres, des clubs éducatifs, les écoles
provinciales, l'école d'été centrale lancée par le comité central récemment
- tout cela est essentiel pour former des communistes forts et connaissant
théoriquement. Elles sont également importantes pour amener nos membres,
amis et sympathisants à discuter des idées marxistes et des problèmes qui
ont trait aux conditions d'aujourd'hui, et à évaluer notre pratique.
117. Pourtant, le taux de recrutement est globalement encore trop faible
par rapport au potentiel de croissance qui existe aujourd'hui pour le Parti.
Le temps de réponse aux demandes de renseignements et aux nouvelles demandes
d'adhésion est encore trop long, et plus de travail doit être fait pour
améliorer ce processus, tant au niveau central qu'au niveau provincial
et en terme de suivi par les cellules du Parti.
118. En outre, une plus grande attention doit être accordée dans les cellules
pour recruter dans les organisations de masse et dans les lieux de travail
où nos cellules et nos membres sont actifs. C'est de là que la majeure
partie des nouveaux membres devraient provenir, et où nous devons mettre
davantage l'accent et les ressources.
Notre presse: Organiser, éduquer, agiter
119. La presse communiste - Voix du peuple et Clarté - est le principal
véhicule que nous utilisons pour «organiser, éduquer et agiter« le peuple
travailleur dans des luttes aigues autour de nous. Il n'est donc pas surprenant
qu'une partie importante de notre énergie, de nos ressources et des collectes
de fonds nouveaux soient dirigées vers le maintien de ces publications.
Cet engagement est nécessaire et appropriée aujourd'hui et dans l'avenir.
120. Notre lectorat régulier nous permet de parler avec nos partisans et
sympathisants de façon régulière sur tous les sujets principaux du jour.
Ceci est en accord avec le travail d'agitation et idéologique dont nous
avons besoin pour bâtir et maintenir un dialogue actif avec nos amis,
tout en maintenant notre presse financièrement.
121. Les diffusions sont également importantes, car c'est un moyen important d'atteindre de nouveaux contacts qui ne sont pas encore abonnés. Diffusions régulières aux conseils du travail, aux réunions syndicales, lors de manifestations et sur les lignes de piquetage (avec des articles figurant en bonne place sur leurs grèves et leurs luttes) sont un excellent moyen d'atteindre les militants des mouvements syndicaux et démocratiques. En temps opportun le suivi personnel est la clé pour consolider les lectrices et lecteurs de nos publications. Les ventes à des librairies locales de gauche et progressistes aident aussi notre presse à aller au-delà du lectorat courant.
122. Des gains ont été réalisés au cours de la dernière année au chapitre
de la diffusion en particulier grâce à la campagne spéciale d’abonnements
nouveaux à $2 en 2008. Ces avancées doivent maintenant être consolidées
avec les renouvellements d’abonnements- le facteur décisif dans l'accroissement
de la diffusion totale. La cellule du parti est l'instrument le plus
important dans la construction de notre presse. Là où les cellules ont
des responsables pour la presse, il ya une bonne connexion entre le Parti
et le travail de la presse, sinon, il ya une mauvaise connexion et le
journal en souffre.
LJC: Lutter pour apprendre! Apprendre à lutter!
123. Peu de temps après notre 35e congrès, la Ligue de la jeunesse communiste
du Canada a été remise sur pied avec succès après une longue absence qui
remontait à 1991. De peu au départ, elle est devenue une organisation bien
implantée et très active d'un océan à l'autre au Canada anglais et au
Québec. La LJC a été particulièrement active sur les campus et a développé
des relations avec plusieurs autres organisations de jeunes à travers son
travail, et a repris ses activités internationales en adhérant à la Fédération
mondiale de la jeunesse démocratique (FMJD). Elle publie Rebel Youth sur
une base plus régulière, comme elle maintien son propre site web, blogs,
etc. Le travail acharné de tous ces jeunes camarades, et en particulier
le travail du camarade Johan Boyden, dirigeant hardi et énergique de la
LJC, méritent des félicitations.
124. Partout où la LJC et le Parti travaillent très étroitement ensemble, cela a aidé à assurer un travail plus efficace pour nos deux organisations, plus de visibilité et une plus large diffusion aux membres, sympathisants et comme à de nouveaux contacts. Le Parti continuera de soutenir la LJC par tous les moyens possibles, y compris en assignant de jeunes membres du Parti à la LJC et en soutenant leurs initiatives et leurs activités du mieux que nous le pouvons.
90 ans de lutte!
125. 2011 marquera le 90e anniversaire du Parti communiste du Canada. À
tous égards, l'histoire du PCC est l'histoire de la lutte de classe au
Canada. Nos racines sont enfoncées dans la riche expérience des luttes
de la classe ouvrière à travers les décennies. Beaucoup de nos dirigeantes
et de nos dirigeants étaient aussi des dirigeantes et des dirigeants des
masses et du mouvement ouvrier dans certaines des luttes les plus significatives
de l'histoire canadienne. Notre histoire est étroitement liée à la lutte
pour la médecine socialisée universelle, pour les pensions publiques universelles,
pour l'assurance chômage, pour les droits syndicaux y compris le droit
de grève, les droits des femmes y compris le choix en matière de reproduction,
le rémunération et d'équité en emploi, pour les droits des peuples autochtones
et ceux des immigrants, la lutte pour la souveraineté canadienne, pour les
droits démocratiques et à l'égalité et le droit de vivre sans la menace
de l'anéantissement nucléaire.
126. Nous allons marquer cet anniversaire pas simplement pour se rappeler
le passé, mais pour éclairer l'avenir. Un autre monde est possible, urgent
et nécessaire, et les communistes d'aujourd'hui se battront pour forcer
l'ouverture de ces portes au progrès social et au socialisme avec autant
de détermination et d'engagement que ceux qui sont venus avant.