À propos du 90ème anniversaire de la Révolution d'Octobre

Il y a 90 ans, en 1917, la Grande révolution socialiste d'Octobre a donné naissance à une nouvelle société, permettant aux rêves les plus élevés de l'humanité, de paix, d'égalité et de démocratie de s'épanouir et de se concrétiser davantage.  La Révolution d'Octobre a signalé le début d'une nouvelle époque, celle de la transition vers le socialisme.  Ce type de société vise à mettre fin à l'exploitation, au pillage et à la guerre, bâtit de nouvelles formes de relations sociales basées sur la coopération et non sur la compétition, sur la justice sociale et non sur l'inégalité et l'oppression sociales, nationales ou sexuelles.  La Révolution d'Octobre a été l'événement qui a annoncé que le règne incontesté du capitalisme sur le monde était terminé.

La Révolution d'Octobre a été l'un des rares bouleversements vraiment libérateurs à survenir dans l'histoire de l'humanité.  Elle a été une rupture nette avec des milliers d'années caractérisées par des divisions de classe et des sociétés basées sur l'exploitation.  Elle a indiqué clairement le chemin vers la libération internationale de la classe ouvrière des chaînes de l'impérialisme, stade suprême et final du capitalisme.

Sous le mot d'ordre «Paix, terre et pain» et avec l'appui de la majorité écrasante de la classe ouvrière et des paysans pauvres, le Parti ouvrier social démocrate de Russie (nom que portait à l'époque le Parti communiste d'Union soviétique) a commencé à construire la route ardue et longue permettant de bâtir le nouveau «système civilisé de coopérateurs», expression que le grand révolutionnaire Vladimir Illich Oulianov, Lénine, utilisait pour décrire l'essence du socialisme.

Le nouveau gouvernement révolutionnaire des Soviets s'est immédiatement mis au travail pour aider à faire naître cette société véritablement nouvelle.  En adoptant le célèbre «Décret sur la paix», Lénine et les bolcheviks ont retiré la Russie de la Première guerre mondiale.  Cet immense massacre impérialiste de millions d'êtres humains a été causé par les puissances capitalistes dominantes.  Elles voulaient repartager, chacune à son avantage, les richesses et les territoires volés aux peuples une première fois par les puissances coloniales.  Le gouvernement soviétique a transféré les titres de propriété de terres des nobles à des millions et des millions de paysans sans terre dans la misère.  Il a nationalisé toutes les entreprises capitalistes industrielles, financières et autres.  Il a garanti aux travailleuses/eurs le droit gratuit et universel à l'emploi, à l'éducation, aux soins de santé.  Il a garanti aux nations l'égalité et l'autodétermination et de droit à la sécession politique.  Et il a, pour la première fois dans l'histoire, adopté et appliqué des lois décisives vers l'émancipation des femmes.

Horrifiés par la révolution naissante, les pays impérialistes, entre autres le Canada, réagissant immédiatement, ont envoyé des armées pour essayer d'écraser le jeune État soviétique.  Ils voulaient tuer la révolution dans l'oeuf, comme un nouveau-né dans son berceau.  Mais bien que beaucoup plus faibles que les armées impérialistes envahissantes, le gouvernement et les peuples soviétiques ont triomphé.  Ils étaient appuyés par des millions of travailleuses/eurs du monde entier, qui se sont mobilisé sous le mot d'ordre «Hors de la Russie!».  L'exemple de la Russie a servi de puissant détonateur de luttes et d'insurrections de la classe ouvrière dans tout l'empire russe et dans tout le monde.

La Révolution soviétique a secoué le monde impérialiste comme rien ne l'avait jamais fait auparavant.  Ce dernier avait pourtant survécu à plus d'un siècle de luttes de la classe ouvrière.  Des millions de travailleuses/eurs avaient appuyé la Première et la Deuxième Internationales, associations de partis ouvriers ayant pour buts la paix et le socialisme, qui sont diamétralement opposés aux visées impérialistes des pays capitalistes dominants.

Les Internationales avaient pour mot d'ordre «Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!».  Elles se guidaient par les conclusions de révolutionnaires tels que Karl Marx et que Friedrich Engels, pour qui la classe ouvrière était l'agent de la révolution socialiste.  Elles étaient trempées par les violentes persécutions qui visaient les organisations ouvrières du monde capitaliste avancé.  Elles avaient tiré des leçons de la vengeance sanglante des capitalistes français et prussiens contre la Commune de Paris, au cours de laquelle, en 1871, le peuple de Paris avait établi héroïquement le premier État de la classe ouvrière au monde, qui avait été écrasé dans le sang.

Quarante-six ans après la Commune de Paris, la Révolution d'Octobre a donné un élan, un contenu, des points de référence et un dynamisme nouveaux au mouvement révolutionnaire international.

La Grande Révolution socialiste d'Octobre occupe une place unique et de marque dans toute l'histoire du mouvement international de la classe ouvrière, pour plusieurs raisons :

- parce qu'elle a été la première révolution socialiste à saisir et à garder le pouvoir politique, et qu'elle a résisté à la fois à une contre-révolution interne et à une intervention étrangère;

- parce qu'elle a totalement transformé la politique au niveau mondial durant presque tout le vingtième siècle, brisé l'hégémonie de l'impérialisme et établi un mode de relations entre les peuples, les nations et les États nouveau et fondamentalement différent;

- parce qu'elle a donné un puissant élan à la classe ouvrière au niveau international dans sa lutte pour ses intérêts de classe et parce que, dans tous les pays, elle a réveillé et a donné un formidable appui théorique et pratique aux luttes anticoloniales et anti-impérialistes et au mouvement pour l'égalité des femmes;

- et, ce qui a été peut-être son aspect le plus important, elle a montré que le socialisme pouvait être autre chose qu'une série de bonnes idées et devenir réalité, que la classe ouvrière et ses alliés pouvaient faire plus qu'offrir sporadiquement de la résistance au capitalisme, qu'ils pouvaient défier le système dans sa totalité et réaliser l'émancipation sociale, que les exploitées/és et les opprimées/és pouvaient, par une lutte consciente et unifiée, construire leur avenir et devenir les véritables maîtres de leur destinée.

Ce sont ces aspects de la Révolution russe, qui, plus que tout autre, ont secoué les classes privilégiées de monde entier, provoqué leur effroi et leur haine contre le socialisme, à partir des premiers jours de l'État soviétique sans jamais cesser depuis.

Et malgré l'inlassable campagne impérialiste d'hostilités et de subversion, l'Union soviétique a tenu le coup pendant plus de 70 ans, réalisant un grand nombre d'importantes réussites sociales, l'éradication du chômage, de l'analphabétisme et de la destitution sociale.  Le socialisme a transformé un pays économiquement et culturellement “arriéré” en l'une des plus grandes puissances au monde, l'Union soviétique, qui a réalisé de gigantesques progrès dans les domaines de la culture et des sciences.

Au niveau international, l'Union soviétique a joué un rôle décisif dans la défaite du fascisme au cours de la Deuxième guerre mondiale, a défendu la cause de la décolonisation, a appuyé les mouvements de libération dans l'ensemble du tiers-monde et a fourni une aide vitale au nouveaux États en voie de développement.  Sa politique de paix a également limité, sans toutefois avoir réussi à l'éliminer totalement, la tendance de l'impérialisme à se lancer dans des agressions militaires.

Le socialisme a également apporté de grands avantages à la classe ouvrière des pays capitalistes avancés.  En augmentant considérablement la pression sur les classes dominantes, il les a forcées à accorder d'importantes concessions aux travailleuses/eurs, entre autres l'accroissement des droits des travailleuses/eurs, la semaine de 40 heures, l'assurance-chômage, les droits de la femme, les soins médicaux, l'éducation publique et les pensions.

Finalement, cependant, le premier État ouvrier a été renversé et le capitalisme a été restauré, en raison d'une combinaison de causes internes et externes liées entre elles, qui a conduit à une victoire temporaire de la contre-révolution.

La défaite du socialisme en URSS est devenue pour le capitalisme monopoliste une arme idéologique puissante.  Il l'utilise pour convaincre les travailleuses/eurs et les personnes à mentalité progressiste que le socialisme ne fonctionne pas.  Nous rejetons catégoriquement l'argument de la bourgeoise qui affirme que la cause interne de la crise et de la défaire du socialisme en Union soviétique était la nature même du socialisme.  En vérité, ce revers historique était dû aux distorsions et à un abandon total des théories et des pratiques marxistes-léninistes, en partie à cause des conditions extrêmement difficiles dans lesquelles le socialisme était en train d'être construit.

Les échecs, les erreurs et même les distorsions et les écarts grossiers par rapport aux principes survenus au cours de cette première grande expérimentation qu'a été la construction d'une société de type nouveau et supérieur, quels qu'ils soient, ne diminuent en rien l'importance à jamais déterminante de la Grande révolution socialiste d'octobre ou le bilan historique de l'État socialiste qu'elle a créé, nettement positif, pas seulement pour les peuples de l'Union soviétique mais aussi pour toute l'humanité.

La misère et l'appauvrissement dans lesquels sont tombés la grande majorité des travailleuses/eurs de l'ancienne Union soviétique et des pays de l'Est depuis le début des années 1990 est un rappel pénible de ce qui arrive lorsqu'une contre-révolution réussit.

Tout ce que nous voyons autour de nous aujourd'hui confirme que c'est précisément le capitalisme lui-même qui traverse une profonde crise systémique, à la fois économique, structurelle, politique, sociale et environnementale.  Le capitalisme est en train de prouver par les faits qu'il est incapable de répondre aux besoins et aux intérêts du peuple, que ce soit au Canada ou ailleurs dans le monde.  En fait ce système va toujours plus à l'encontre de ces besoins et de ces intérêts pour répondre à sa propre "logique" interne, sa course à la richesse individuelle et des grandes entreprises, quel qu'en soient les coûts sociaux.

À mesure que le capitalisme rapproche l'humanité de la catastrophe, le peuple aspire à la liberté.  Le socialisme et la résistance de la classe ouvrière à l'impérialisme se développent partout dans le monde.  En particulier les exemples du Venezuela, de la Bolivie et de la plupart des pays de l'Amérique du Sud, suite aux récentes victoires, apportent un renouveau dans la vie de la classe ouvrière au niveau international et s'ajoutent au puissant exemple de la Révolution cubaine.

L'impérialisme réagit à la résistance croissante par des mesures croissantes dans le sens de la réaction, du militarisme et de la guerre.  Au Canada, les forces de droite des grandes entreprises essaient de détruire les gains obtenus par les travailleuses/eurs et leurs alliés.  Mais malgré leurs avantages momentanés, les forces de l'impérialisme ne pourront retenir longtemps la puissante marche de l'histoire, l'irrésistible puissance et force d'attraction des idées socialistes, la croissance de la classe ouvrière internationale et la lutte de l'écrasante majorité de l'humanité vers le progrès social et vers un monde meilleur.

Rien ne pourra effacer les réalisations de la Grande révolution socialiste d'octobre.  Le Parti communiste du Canada célèbrera ce grand événement, les grandes réussites qu'elle a permis, les leçons historiques, exemplaires et uniques qu'elle a donné et l'héritage qu'elle légué pour l'humanité : un futur socialiste.

 

Comité exécutif central
Parti communiste du Canada
17 octobre 2007